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Konstantine Edouardovitch Tsiolkovski

Savant russe (Ijevskoïe 1857-Kalouga 1935), l'un des principaux précurseurs et théoriciens de l'astronautique.

Enseignant autodidacte et inventeur de talent, il s'est affirmé à travers de nombreuses publications comme le premier théoricien de l'astronautique. Hanté par le rêve de l'exploration de l'espace, il imagina notamment les fusées, les vaisseaux spatiaux habités, les stations orbitales et les voyages interplanétaires.

Sourd et autodidacte

Fils d'un agent des Eaux et Forêts, Konstantine Tsiolkovski doit abandonner l'école à l'âge de 10 ans seulement, lorsqu'il devient quasiment sourd à la suite d'une grave scarlatine. Quelques années plus tard, il entreprend seul des études grâce aux ouvrages de sciences de la bibliothèque paternelle. En autodidacte, il défriche toutes les disciplines scientifiques et se livre à des expériences de physique et de chimie. Le progrès technique l'enthousiasme. L'astronomie, l'aéronautique, les communications, les voyages interplanétaires stimulent son imagination. En 1880, il est nommé professeur de mathématiques à Borovsk, dans la province de Kalouga.

Un théoricien visionnaire

Dans une note rédigée en 1883, l'Espace libre, il expose ses premières réflexions sur les voyages au-delà de l'atmosphère terrestre. Il propose notamment d'utiliser des fusées équipées de moteurs à réaction, qui se déplaceraient dans le vide en éjectant des gaz à grande vitesse. Nommé professeur au collège de Kalouga en 1892, il n'en poursuit pas moins obstinément ses recherches personnelles. Afin de tester des maquettes de dirigeables ou d'avions, il construit en 1897 la première soufflerie aérodynamique de Russie. Toutefois, c'est en astronautique que ses spéculations seront le plus fécondes. En 1903, il publie son premier livre sur les voyages spatiaux, l'Exploration de l'espace cosmique par des engins à réaction, où se trouvent énoncées pour la première fois les lois du mouvement d'une fusée. Dans une série de mémoires ultérieurs, il développe ses conceptions relatives aux fusées et aborde tous les grands problèmes posés par les vols humains dans l'espace. Il suggère notamment toute une série d'innovations technologiques à présent adoptées dans l'industrie spatiale : utilisation d'ergols liquides, et particulièrement du couple hydrogène-oxygène ; alimentation des chambres à combustion au moyen de pompes ; stabilisation des engins spatiaux par gyroscope, etc. Il prévoit aussi la présence d'hommes à bord des satellites et leur sortie dans l'espace grâce à un scaphandre et un filin de sécurité. Il propose la présence de plantes dans les vaisseaux spatiaux pour purifier l'air, régénérer l'oxygène et nourrir l'équipage. Il imagine enfin les stations orbitales, les colonies spatiales en orbite autour de la Terre, les voyages interplanétaires, etc.

Bien que fonctionnaire, marié et père de famille, il passe pour un original aux yeux de ses concitoyens. Non seulement sa surdité contribue à l'isoler, mais les travaux auxquels il se consacre dans l'atelier attenant à sa maison, à Kalouga, en dehors de ses heures d'enseignement, entretiennent l'image d'un bricoleur farfelu. Passionné d'aéronautique, il construit notamment un gros oiseau mécanique, une sorte d'épervier de 70 cm d'envergure, dont le vol émerveille les enfants. Ses maquettes de dirigeables métalliques suscitent, en revanche, le plus grand scepticisme : il semble impossible que de tels ballons puissent s'élever dans l'air et voler…

Enfin reconnu

Pendant des années, Tsiolkovski œuvre dans l'ombre, en finançant lui-même ses recherches et sans que ses travaux et ses écrits ne recueillent aucun écho. Ce n'est qu'après la révolution d'octobre 1917 qu'il obtient enfin une reconnaissance officielle. Le nouveau régime l'encourage en lui accordant une pension et, dès 1918, le fait élire à l'Académie des sciences de l'URSS. Retiré de l'enseignement, il devient alors un actif propagandiste de l'astronautique, tout en poursuivant ses recherches et en continuant à écrire. C'est ainsi que, en 1929, dans son ouvrage Un train de fusées cosmiques, il présente la formule des fusées à étages comme un moyen efficace d'atteindre de plus grandes vitesses avec une quantité donnée de propergol.

Tsiolkovski meurt à Kalouga deux jours après son soixante-dix-huitième anniversaire et reçoit des obsèques nationales. L'année suivante, sa maison devient un musée consacré à sa vie et à son œuvre. Ses œuvres complètes sont publiées de 1951 à 1964 et l'on attribue son nom à l'un des principaux cratères de la face arrière de la Lune.