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Nicolas Sténon

en danois Niels Steensen, en latin Nicolaus Steno

Médecin, géologue et ecclésiastique danois (Copenhague 1638-Schwerin 1686).

Nicolas Sténon, fils d'un orfèvre, étudie la médecine à l'université de Copenhague. Il se rend ensuite à Amsterdam, où il découvre, en disséquant une tête de mouton, le canal excréteur de la glande parotide, auquel on donnera son nom (le canal de Sténon). Il n'a alors que 22 ans. Il poursuit ses travaux à Leyde et fait dans cette ville la connaissance de savants comme Jan Swammerdam et Reinier De Graaf et du philosophe Baruch Spinoza. Ses recherches sont d'abord axées sur les glandes ; il en découvre plusieurs, comme l'attestent ses Observations anatomiques, ouvrage paru en 1662 où il décrit notamment l'appareil lacrymal en détail. Il s'intéresse ensuite plus particulièrement au cœur et aux muscles, qu'il montre composés d'éléments simples, les fibres motrices.

Après avoir voyagé en Hollande et en Belgique, Sténon revient en 1664 à Copenhague, mais il ne peut se faire donner, comme il le souhaite, la chaire d'anatomie à l'université. Aussi repart-il la même année pour l'étranger. À Paris, où il s'installe d'abord, il prononce en 1665 son Discours sur l'anatomie du cerveau, dans lequel il corrige les erreurs commises par Descartes sur les caractéristiques anatomiques de cet organe.

Après un court séjour à Montpellier, il se rend à Florence au début de 1666. Grâce au grand-duc de Toscane, Ferdinand II de Médicis, puis à son successeur, Cosme III, il va bénéficier de protections et de subventions.

Les collections rassemblées dans les cabinets d'histoire naturelle de Florence et de Pise l'amènent à faire des recherches de géologie. En 1669 paraît son ouvrage intitulé De solido intra solidum naturaliter contento dissertationis prodromus. Le Prodrome, comme on l'appelle couramment, définit les principes de la géologie moderne et pose les bases de la cristallographie et de la minéralogie. Sténon peut être également regardé comme l'un des pères fondateurs de la paléontologie. On croyait encore généralement à son époque que les fossiles n'étaient que des « pierres qui ressemblaient à des parties d'animaux ». En comparant la structure des coquilles fossiles avec celles d'espèces voisines actuelles, il démontre qu'il ne peut s'agir que de débris d'animaux ayant existé longtemps auparavant. Il rapproche de la même façon d'autres fossiles de dents ou de vertèbres de poissons, de poissons entiers ou d'ossements d'animaux terrestres. Il voit bien que tous ces vestiges remontent à des époques éloignées. Il ne peut qu'adopter la chronologie alors unanimement admise qui plaçait la création du monde quelque 4 000 ans avant la naissance du Christ, mais il a le mérite d'introduire la notion d'histoire géologique de la Terre.

Sténon, qui nous apparaît comme un vrai savant moderne tant par sa manière de scruter la nature que par la rigueur de ses raisonnements, abandonne, dans les dernières années de sa vie, la science pour la religion. En 1667, il abjure le luthéranisme à Florence et se convertit au catholicisme. Revenu en 1672 au Danemark pour enseigner l'anatomie à l'université de Copenhague, il se heurte à l'intolérance religieuse de ses concitoyens. Il retourne à Florence dès 1674. Converti au catholicisme en 1667, il est ordonné prêtre en 1675. En 1677, le pape le nomme vicaire apostolique à Hanovre. Son ministère dure neuf ans. Il meurt en Allemagne le 5 décembre 1686. Son corps est ramené, selon son désir, à Florence, pour être enseveli dans l'église San Lorenzo. Il est béatifié en 1988 par le pape Jean-Paul II.