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Straton de Lampsaque

Philosophe grec de l'école péripatéticienne ( ?-vers 268 avant J.-C.).

Disciple de Théophraste, il lui succéda à la tête du Lycée, qu'il dirigea de 288 à sa mort. Il passa une partie de sa vie à Alexandrie, où Ptolémée Ier le choisit pour être le précepteur de son fils, le futur Ptolémée II Philadelphe. Les historiens, toujours attentifs aux gains des philosophes péripatéticiens, précisent que, indépendamment de ses honoraires, Straton tira de cette prestation l'énorme somme de 80 talents (Diogène Laërce, V, 58).

Surnommé le Physicien, Straton, sous l'influence de la pensée de Démocrite, orienta en effet la pensée de l'école vers l'étude des lois de la nature et la physique. Diogène Laërce cite de lui de nombreux ouvrages, mais de tous ses écrits il ne nous a été conservé que des fragments. D'après des passages de Cicéron (Academ. IV, 38), de Plutarque et de Sextus Empiricus, on peut comprendre que Straton niait les causes premières et les causes finales, professait qu'il n'est pas nécessaire de recourir aux dieux pour expliquer le monde, et qu'il voyait en l'origine de toutes choses le simple produit de forces productives de la nature (phusis), qu'il assimilait à un être universel, dépourvu d'intelligence et de conscience de lui-même, cause aveugle de toute génération, dans laquelle l'existence se maintient par le simple jeu des forces du froid et du chaud et des lois de la matière. Il voyait dans la pensée et la sensation deux formes d'un même et unique processus cognitif, et assurait que l'âme humaine, dont il niait l'immortalité, avait son siège dans le cerveau et était de même nature que l'âme animale.

Sa pensée exerça une grande influence sur le développement de la philosophie arabe, en particulier sur celle d'Avicenne (Ibn Sina). Certains historiens de la philosophie pensent qu'il serait l'auteur de plusieurs traités conservés dans l'œuvre d'Aristote, comme le IVe livre de la Météorologie.