En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Karlheinz Stockhausen

Compositeur allemand (Mödrath, près de Cologne, 1928-Kürten, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 2007).

Partie de l'abstraction et de la prédétermination absolue de tous les paramètres musicaux, la musique de Stockhausen s'est progressivement épanouie, sans rien perdre de son audace, pour s'inscrire dans le grand courant romantique, qui est une constante de la musique allemande.

L'apprentissage

Stockhausen étudie avec Frank Martin, à Cologne, connaît la musique de Schönberg, Berg et Webern, découvre, en 1951, aux cours d'été de Darmstadt, le « sérialisme intégral » et suit pendant une année (1952-53) l'enseignement de Messiaen à Paris. Il participe en même temps à des expériences de musique concrète à la radio française.

Vers une synthèse de tous les sons et de toutes les musiques

Le pointillisme postwebernien, encore prédominant dans Kontra-Punkte, pour 10 instruments (1953), se trouve dépassé dès les Klavierstücke I à IV (1954), fondés (surtout le premier) sur des groupes de sons ayant au moins une qualité commune et à percevoir globalement (théorie de la Gruppenform). De son travail au Studio de musique électronique de Cologne (1953) témoignent les Études électroniques I et II (1954). Il transpose avec les Klavierstücke V à X (1955, IX et X, révision 1961) certains enseignements de la musique électronique dans le domaine instrumental. Il réalise dans Gesang der Jünglinge (1956) la première synthèse des musiques électronique et concrète, puis dans Kontakte (1960) la première utilisation simultanée de la bande magnétique et des instruments traditionnels. Ensuite, il s'oriente, avec le Klavierstück XI (1956), vers la forme ouverte et l'aléatoire, avec Gruppen, pour 3 orchestres (1955-1957), et Carré, pour 4 orchestres et 4 chœurs (1960), vers la musique spatiale. Dans Zyklus (1959), pour percussions, il entreprend la synthèse du bruit et du son. De ces diverses préoccupations, il réussit avec les Momente, pour soprano, 4 chœurs et 13 instruments (1962, versions ultérieures 1965 et 1972), une synthèse magistrale. Avec Mikrophonie I (1964), Mixtur (1964), Mikrophonie II (1965), Telemusik (1966), Prozession (1967, nouvelle version 1971), Kurzwellen (1968) et Kurzwellen mit Beethoven (1970), il poursuit non plus la juxtaposition, mais la synthèse de la musique électroacoustique et des sources sonores traditionnelles les plus variées. Cette direction de recherche culmine avec Hymnen, pour 4 solistes et sons électroniques et concrets (1967), et est poussée jusqu'à ses plus extrêmes conséquences avec Aus den sieben Tagen (1968), ensemble de compositions sur des textes de « musique intuitive ».

La période méditative

À l'opposé, Stimmung, pour 6 vocalistes (1968), est une œuvre aux limites du silence, typique de la période méditative du musicien, de celle qui le fait s'intéresser aux musiques de l'Inde. De la même époque datent Spiral, pour un soliste et récepteur d'ondes courtes (1969), Fresco, pour 4 groupes d'orchestre, « mur sonore pour la méditation » (1969), Pole pour deux (1970), Expo pour trois (1970), et Für kommende Zeiten, 17 textes de musique intuitive (1970). Avec Mantra, pour 2 pianistes (1970), il revient à une écriture plus stricte, laissant moins de place à l'improvisation. Suivent Sternklang, « Parkmusik » pour 5 groupes (1971), Trans, pour orchestre et bande magnétique (1971), Alphabet für Liège, 13 situations musico-théâtrales (1972), Ylem, pour 19 exécutants (1973), Inori, pour grand orchestre et un danseur (1974), Musik im Bauch, pour percussions et boîtes à musique (1975), Harlekin et Der kleine Harlekin, pour clarinette (1975), Tierkreis, 12 mélodies sur les signes du zodiaque (1976), Sirius, musique électronique avec trompette, voix de soprano, clarinette basse, voix de basse (1977).

La création de Licht

Durant ces années, l'évolution de la pensée de Stockhausen est allée de pair avec une simplicité de style accrue et une conception de plus en plus subjective, voire liturgique, de la musique. Depuis l'achèvement de Sirius, le compositeur n'a plus envisagé plus qu'une seule immense œuvre, Licht (Lumière), dont l'exécution est prévue pour durer une semaine entière, et à laquelle il a consacré la fin de sa carrière créatrice. Licht comprend : « Donnerstag aus Licht » (« Jeudi de Lumière »), consacré à l'archange Michel, a été composé de 1978 à 1980 et créé à la Scala de Milan en 1981 ; « Samstag aus Licht » (« Samedi de lumière »), consacré à Lucifer, composé de 1981 à 1983 et créé au Palazzo dello Sport à Milan en 1984 ; « Montag aus Licht » (« Lundi de lumière ») consacré à Ève, composé de 1984 à 1988 et créé à la Scala de Milan en 1988 ; « Dienstag aus Licht » (« Mardi de lumière ») en 1977 et de 1987 à 1991 et créé à l'opéra de Leipzig en 1993 ; « Freitag aus Licht » (« Vendredi de lumière ») composé de 1991 à 1994 ; « Mittwoch aus Licht » (« Mercredi de lumière ») composé de de 1995 à 1997 ; « Sonntag aus Licht » (« Dimanche de lumière ») composé de de 1998 à 2003.

Œuvres diverses

Stockhausen a dirigé en outre trois projets étroitement liés à sa démarche créatrice et pédagogique : Originale (1961), Ensemble (1967) et Musik für ein Haus (1968). Il est également l'auteur de nombreux écrits sur la musique (1963 à 1991, réunis en dix volumes).