En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Konstantine Sergueïevitch Alekseïev, dit Stanislavski

Acteur et metteur en scène de théâtre russe (Moscou 1863-Moscou 1938).

Après quelques années d'apprentissage dans des théâtres d'amateurs et la création, en 1888, de la Société d'art et de littérature de Moscou, Stanislavski fonde dix ans plus tard le Théâtre d'art de Moscou avec Vladimir Ivanovitch Nemirovitch-Dantchenko, où il monte des pièces de Tchekhov (la Mouette, Oncle Vania, la Cerisaie), de Gorki (les Bas-Fonds) et de Gogol (le Revizor) sans négliger pourtant les auteurs symbolistes (Maeterlinck), les classiques (Shakespeare) et plus tard, les jeunes écrivains soviétiques (Boulgakov, Ivanov).

Parti d'abord des recherches historiques et philologiques à la manière des Meininger, et d'accord avec les idées d'exactitude prônées par Dantchenko, Stanislavski va s'intéresser de plus en plus à l'acteur, au « réalisme intérieur ». On a trop souvent fait de Stanislavski un metteur en scène réaliste et même naturaliste, mais s'il se soucie d'exactitude historique et s'il essaie de créer le réel par des décors à la manière d'Antoine, Stanislavski a toujours oscillé entre le naturalisme, le formalisme et le symbolisme (l'Oiseau bleu de Maeterlinck).

C'est l'intériorité du drame et la conscience du personnage qui intéressent Stanislavski. D'où l'importance accordée à l'acteur. L'enquête intérieure, le cheminement vers le personnage, sont à la base de toute la théorie de Stanislavski. Il pense qu'il est possible de faire naître l'inspiration créatrice au moyen d'une technique psychologique cohérente, passant du conscient au subconscient : le personnage, d'abord fruit de l'imagination et des études que l'acteur mène à travers lui, passe du champ imaginaire au champ du réel, c'est-à-dire que l'acteur est à la fois interprète et personnage. Cette technique pousse l'imagination de l'acteur à cerner totalement le personnage et à ne l'abandonner jamais, faisant de ce personnage fictif une créature réelle.

Ce travail complexe exige une relaxation totale et, au moment d'incarner le personnage, une concentration absolue de l'attention. Le réalisme de Stanislavski apparaît donc de tout autre nature que celui d'Antoine : c'est la conscience, la force psychique qui doivent être réelles et rendre réels, par leur présence, et l'époque et le décor. Il est vrai que Stanislavski a été très soucieux des décors (les Bas-Fonds et Jules César) mais le détail historique vrai n'est là que pour permettre à l'acteur de se concentrer, de vivre jusqu'au bout l'expérience tragique. Cette technique difficile exige des qualités psychiques assez extraordinaires, qualités que Stanislavski acteur possédait au plus haut degré.

L'enseignement de Stanislavski exerça une influence essentielle sur le théâtre du xxe siècle, surtout en URSS et aux États-Unis, où cette technique a été mise en pratique avec la réussite que l'on sait par Lee Strasberg et son Actors Studio. Stanislavski a laissé des écrits : Ma vie dans l'art (1926), la Formation de l'acteur (posthume, 1958), la Construction du personnage (posthume, 1966).