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Filippo Silvestri

Entomologiste italien (Bevagna, province de Pérouse, 1873-Bevagna 1949).

Après des études de sciences naturelles à l'université de Palerme, Filippo Silvestri devient, en 1896, assistant à l'Institut d'anatomie comparée de Rome. En 1898, il part pour l'Argentine, où il dirige d'abord la section de zoologie du Musée national de Buenos Aires, puis les travaux pratiques d'histologie à l'université de cette ville. Membre, pour le compte du ministère de l'Agriculture argentin, d'une mission scientifique dans la lointaine Patagonie, il est plus particulièrement chargé d'étudier la possibilité d'acclimater de nouvelles espèces de poissons dans le río Santa Cruz et dans le lac Argentino, dont ce fleuve collecte les eaux.

De retour en Italie en 1900, il entre au laboratoire d'anatomie comparée de l'université de Rome avant de devenir professeur au Collège supérieur d'agriculture de Portici, situé dans la banlieue de Naples, au pied du Vésuve. Il y reste jusqu'à sa retraite, en 1948, et dirige même, de 1920 à 1930, cet établissement d'enseignement dont il fait l'un des centres mondiaux de l'entomologie. Il est, en outre, pendant quarante ans, de 1909 à sa mort, conseiller de la Société entomologique italienne. Devenu un spécialiste de la lutte biologique contre les insectes dits nuisibles, il accomplit de nombreux voyages et missions dans différentes régions du monde, notamment en Amérique – centrale, du Nord et du Sud –, en Afrique et en Extrême-Orient.

Brillant scientifique, esprit analytique ainsi que travailleur de grande puissance, Silvestri est l'auteur de quelque 470 publications concernant presque exclusivement les insectes et les myriapodes (mille-pattes). C'est à ces derniers qu'il consacre ses premiers travaux importants, et il décrit plusieurs espèces nouvelles. Il étudie les plus primitifs d'entre eux, entre autres les diplopodes qui, comme leur nom le suggère, ont deux paires de pattes par segment ; ils ont une carapace très dure et résistante et vivent généralement dans les lieux humides ; fort anciens, ils existent depuis l'ère primaire (paléozoïque) et ont survécu aux grandes modifications survenues à la surface de la Terre.

L'entomologiste italien a également consacré de nombreux écrits scientifiques aux thysanoures, insectes dépourvus d'ailes qui se nourrissent de déchets et vivent dans les endroits humides ; leur corps allongé porte, à l'avant, des pièces buccales broyeuses bien visibles. Le plus connu d'entre eux est le petit poisson d'argent, ou lépisme, insecte fluet au corps couvert d'écailles brillantes que l'on voit souvent courir dans les habitations, où il ronge volontiers les aliments entreposés, entre autres le sucre, dont il semble particulièrement friand.

S'il s'est intéressé à la plupart des ordres d'insectes, Filippo Silvestri a fait également progresser les connaissances en matière de biologie générale. Ainsi, il a étudié ce phénomène remarquable propre à quelques espèces parasites internes d'insectes, la polyembryonie : il s'agit de la subdivision d'un seul œuf en un nombre variable de germes – jusqu'à plusieurs centaines – qui donneront autant d'adultes, tous du même sexe. Dans le domaine de la lutte contre les insectes ravageurs des cultures, Filippo Silvestri s'est particulièrement distingué en découvrant en Afrique occidentale, et en important à Hawaii, des parasites entraînant la destruction de la mouche des fruits qui faisait jusque-là de terribles ravages dans les plantations d'agrumes. Il a aussi introduit ces parasites en Italie, où ils se sont en outre révélés efficaces contre la mouche de l'olive.

Des insectes très primitifs

Des insectes très primitifs



En 1907, Filippo Silvestri découvre et décrit le prototype d'un nouvel ordre d'insectes, les protoures. Extrêmement primitifs, ceux-ci sont incolores, dépourvus d'ailes et ne mesurent guère plus de 1 mm ; leur tête ne comporte ni yeux ni antennes, et ils tiennent toujours en l'air leurs pattes de devant dont ils se servent comme organes tactiles. Les protoures absorbent leur nourriture par succion, et ils sont complètement privés de caractères sexuels extérieurs. On ne connaît d'ailleurs rien de leur mode de reproduction.

Autre ordre nouveau d'insectes décrit par Silvestri, les zoraptères, aussi appelés poux de terre. Ils vivent en petites colonies dans les débris végétaux, sous les écorces et dans les galeries creusées par les termites. On trouve chez eux à la fois des formes ailées, pigmentées, possédant des yeux et des ocelles (yeux simples), ainsi que des formes aptères (sans ailes) qui, elles, sont aveugles et dépigmentées.

L'ordre des zoraptères ne compte qu'un seul genre (Zorotypus) qui réunit une trentaine d'espèces répandues sur tous les continents.