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Jean de Silhon

Théologien, administrateur et théoricien politique français (Sos, Lot-et-Garonne, vers 1596-Paris 1667).

Après avoir connu quelques déconvenues dans ses ambitions à la Cour, il mit sa plume de théologien au service de la politique de Richelieu (préface aux œuvres de Guez de Balzac, adressée au Cardinal : Panégyrique à Mgr le cardinal de Richelieu, 1629), en défendant dans divers écrits apologétiques, religieux (les Deux Vérités, l'une de Dieu et de sa Providence, l'autre de l'immortalité de l'âme, 1626) et politiques, la doctrine de la raison d'État et les alliances contre l'Espagne. Il résume lui-même ainsi les deux livres de son principal ouvrage, le Ministre d'État, avec le véritable usage de la politique moderne (1631 ; rééd. 1643 et 1661) : « L'un est de la vérité de la religion chrétienne contre les impies ; […] l'autre est de l'obéissance que les peuples doivent à leurs souverains, où entre autres choses je détruis avec tant d'évidence et si démonstrativement la fausseté de la puissance indirecte que quelques-uns attribuent au pape sur le temporel des Princes chrétiens ; je suis certain que les partisans de cette opinion si contraire à l'indépendance des Princes et qui a de si dangereuses conséquences pour eux, n'y sauraient répondre rien qui vaille. » Ces travaux, ainsi que plusieurs mémoires sur la guerre d'Italie lui valurent d'être nommé parmi les premiers membres de l'Académie française, dès la fondation de celle-ci (avant le 13 mars 1634).

Il fut par la suite pendant presque vingt ans secrétaire auprès de Mazarin (1642-1661) et conseiller d'État (1663-1667). En 1647, dans une supplique adressée à Louis XIV pour obtenir le paiement de sa pension, après avoir retracé les principaux travaux de sa vie d'écrivain et de pamphlétaire gouvernemental et l'énorme travail de secrétariat au service de son Éminence (« J'ai servi dix-huit ans et plus dans les affaires les plus importantes de l'État, sous les ordres de Monsieur le Cardinal. […] Le souvenir de cet excessif et violent travail me fait encore peur, et il m'en coûta une maladie qui me mit à la dernière extrémité. »), il promet « d'employer ce qui [lui] resterait de vie et de santé à servir la religion et l'État de [sa] plume et de [sa] petite industrie. »

Il a également laissé des Lettres (1627) et divers ouvrages en prose (Éclaircissements de quelques difficultés touchant l'administration du cardinal Mazarin, 1650) qui lui valurent cet éloge de Chapelain : « Ils le font voir un de nos meilleurs écrivains en matières politiques. On en ferait aisément un bon historien s'il se laissait conseiller, car il est très-informé des intérêts de l'Europe, et il a eu participation de choses ignorées de tout autre que lui. Ses mœurs sont bonnes, ses intentions droites, ses maximes toutes pour le bien de l'État et pour la gloire du Prince, sans préoccupation pour les étrangers. »