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sir Peter Markham Scott

Peintre et naturaliste britannique (Londres 1909-Slimbridge 1989).

Peter Scott n'a que deux ans et demi quand disparaît son père, Robert Falcon Scott, parvenu au pôle Sud un mois après Amundsen et mort d'épuisement avec tous les membres de son expédition sur le chemin du retour. « Fais en sorte que notre fils s'intéresse à l'histoire naturelle », écrivait le grand explorateur dans sa dernière lettre à sa femme. Son désir sera respecté, d'autant que le jeune Peter est très tôt captivé par le monde vivant, surtout par les oiseaux qu'il s'essaie à croquer dans leur vol ou au repos. Étudiant à Cambridge, d'abord en biologie puis en histoire de l'art, il s'adonne avec passion à la chasse au gibier d'eau avant d'abandonner progressivement le fusil pour les jumelles de l'observateur d'oiseaux.

Très doué pour le dessin, sans doute grâce à sa mère, qui est sculpteur, il décide de s'orienter vers une carrière artistique. Il continue à représenter des oiseaux de préférence à d'autres animaux, et il excelle aussi dans le portrait. En 1933 a lieu à Londres sa première exposition de peinture. Il ne cessera pas, dès lors, de dessiner et de peindre. Il illustrera de nombreux livres sur les animaux, dont quelques-uns écrits par lui. Mais il a également des activités sportives : il fait de la voile et gagne une médaille de bronze en yachting aux jeux Olympiques de Munich, en 1936 : plus tard, il pilotera des planeurs et sera champion de Grande-Bretagne de vol à voile, en 1963 ; l'année suivante, il fera partie de l'équipage du bateau qui termine second dans la course de l'America's Cup.

Officier de marine pendant la Seconde Guerre mondiale, Peter Scott est l'inventeur d'un procédé de camouflage des navires pendant la nuit. C'est au lendemain du conflit, en 1946, qu'il fonde, dans le Gloucestershire, où il s'est installé, le Wildfowl Trust, association qui a pour objet l'étude et la protection des oiseaux aquatiques. Désireux de faire partager au plus grand nombre sa passion pour les animaux, il participe bientôt à des émissions de radio puis de télévision, qui deviennent très populaires. Il insiste sur les menaces que fait peser la dégradation de l'environnement : « Nous avons pillé notre planète et continuons à le faire sans guère nous préoccuper du long terme… Je suis convaincu que nous allons au-devant d'un désastre à moins de changer radicalement d'attitude en ce qui concerne la surpopulation, la pollution, la pauvreté, l'épuisement des ressources naturelles, l'extinction des espèces, le gaspillage de l'énergie et l'obsession des rendements », écrivait-il alors que l'écologie n'était pas encore un thème à la mode.

En 1961, Peter Scott participe à la fondation du World Wildlife Fund, le Fonds mondial pour la nature (c'est lui qui dessine le logo de cet organisme, représentant un panda). Il en devient le premier président, fonction qu'il assumera jusqu'en 1982. Il fait partie de plusieurs autres sociétés de sauvegarde de l'environnement et sera le premier, en 1973, à être anobli dans son pays pour les multiples services rendus à la conservation de la nature. Il a participé à de nombreuses campagnes en faveur d'espèces menacées de disparition, que ce soit la baleine, le tigre de l'Inde, l'ours de l'Arctique ou encore la vigogne des hauts plateaux andins. On lui doit d'avoir sauvé d'une extinction certaine la magnifique bernache des îles Sandwich grâce à son élevage méthodique à Slimbridge avant sa réintroduction à Hawaii.

Une vivante collection d'oiseaux aquatiques

Une vivante collection d'oiseaux aquatiques



Le Wildfowl Trust, fondé par sir Peter Scott en 1946 pour l'étude et la protection des anatidés (canards, oies et cygnes), tient à la fois du parc zoologique, de la ferme d'élevage et du laboratoire de recherche scientifique. Le premier et le principal centre, celui de Slimbridge, est situé dans le sud de l'estuaire de la Severn, une région qui sert de refuge en hiver à un grand nombre d'oiseaux migrateurs venant du nord : ainsi, les oies sauvages à front blanc ou les spectaculaires cygnes de Bewick, originaires de Sibérie et dont chaque oiseau peut être identifié grâce aux marques colorées de son bec. Les installations permettent de capturer chaque année des centaines d'oiseaux qui sont étudiés, bagués et relâchés ensuite. On voit souvent rassemblés à Slimbridge plusieurs milliers de créatures ailées appartenant à quelque cent cinquante races différentes. Les visiteurs du centre peuvent les observer de près sans les déranger grâce à un système ingénieux mis au point par sir Peter Scott lui-même.