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Francesco Redi

Médecin et naturaliste italien (Arezzo 1626-Pise 1697).

Tout à la fois médecin, littérateur et savant, doté d'une immense culture, Francesco Redi est encore, par bien des aspects, un homme de la Renaissance. Issu d'une grande famille toscane, il étudie la philosophie et la médecine à Pise et à Florence où il s'établit comme médecin du grand-duc de Toscane, Ferdinand II, qui se plaît à favoriser les sciences, en particulier les sciences expérimentales. Il passera le reste de sa vie dans l'intimité des grands-ducs, qu'il soignera avec dévouement et compétence. Sa réputation médicale s'étend même à l'étranger, comme en témoigne une lettre écrite en 1678 par l'Électeur palatin Charles-Ludovic, qui le remercie d'une consultation et l'assure de la haute estime dans laquelle il le tient.

Francesco Redi est l'auteur d'un grand nombre de poésies remarquables par la mélodie du rythme et la perfection du style, qui témoignent de son goût pour cette langue dont il défend la pureté. On lui doit également de nombreux articles de dictionnaires – il collabore, à partir de 1658, au sein de l'Accademia della Crusca, académie littéraire florentine, à l'enrichissement de son dictionnaire, le Vocabolario degli Accademici della Crusca (édition de 1691). Il entretient également une volumineuse correspondance avec les savants et écrivains les plus illustres de son temps. Vers la fin de sa vie, il souffre d'attaques d'épilepsie, mais refuse longtemps de ralentir le rythme de ses activités. Il accepte finalement de se rendre à Pise, où l'air passe pour être meilleur qu'à Florence. On le trouve mort dans son lit le 1er mars 1697. Il est enterré dans sa ville natale d'Arezzo.

Les premiers travaux scientifiques de Redi portent sur la vipère, dont il décrit en 1664 la glande à venin et les crochets venimeux. Il montre, par des expériences, que le venin n'a rien à voir avec la bile du serpent comme on le croyait alors, et même qu'il peut être avalé sans danger car, pour agir sur l'organisme, il doit être introduit dans le sang par une blessure. C'est surtout à ses Expériences sur la génération des insectes (Esperienze intorno alla generazione degl'insetti, 1668) que Francesco Redi doit sa notoriété. Dans cet ouvrage, en effet, il ose nier l'existence de la génération spontanée, à laquelle on croit pourtant depuis la plus haute antiquité, et qui est de plus un dogme de l'Église, puisque la Bible elle-même fait référence à des abeilles nées de la carcasse d'un lion mort.

L'autre ouvrage scientifique important de Redi, intitulé Observations sur les animaux vivants qui vivent dans d'autres animaux vivants (Osservazioni intorno agli animali viventi che si trovano negli animali viventi,1684), constitue le premier véritable traité de parasitologie. Y sont étudiés non seulement les vers intestinaux, mais aussi ceux qui vivent dans les reins ou les poumons des mammifères, dans les sacs aériens des oiseaux et dans la vessie natatoire des poissons. Francesco Redi est également l'un des premiers à s'intéresser à des parasites d'invertébrés (crustacés, céphalopodes). Il effectue par ailleurs des recherches sur la gale dont, avec deux de ses élèves, il donne la première description véritablement scientifique. Il préconise de recourir à des applications externes pour tuer le parasite. Il recommande, en particulier, la pommade au précipité rouge de mercure et conseille d'en poursuivre régulièrement les onctions quelques jours après la guérison apparente, car les œufs périssent difficilement et l'on risque de voir la maladie réapparaître très vite si le traitement est interrompu trop tôt. Malheureusement, ces données resteront méconnues du corps médical de l'époque et il faudra attendre le xixe siècle pour que l'on admette le bien-fondé des recommandations de Redi.

La fin d'un mythe

La fin d'un mythe



À l'époque de Francesco Redi, on croit encore fermement que la matière inerte peut donner naissance à des animaux d'ordre inférieur – asticots, poux, limaces, cloportes, voire même grenouilles ou souris. Tout ce qui fermente peut, pense-t-on, constituer un foyer de nouvelle vie. Redi a, lui, des doutes sérieux sur la réalité du phénomène de la génération spontanée. Aussi entreprend-il, en 1668, une série d'expériences incontestables : il place des morceaux de poisson et de viande dans des fioles à large ouverture, mais laisse les unes béantes tandis qu'il ferme les autres avec du « papier ficelé et bien hermétiquement assujetti ». Il constate que, par temps chaud, les vers ne tardent pas à proliférer dans les récipients non bouchés ; ceux qui sont hermétiquement fermés, en revanche, n'en contiennent aucun. Pour répondre à l'objection que le bouchage empêche l'accès de l'air, il place de la viande dans une fiole qu'il recouvre d'une gaze fine. Aucun ver n'apparaît dans le récipient, mais des œufs sont déposés par des mouches sur la gaze. Ces expériences montrent à l'évidence que les vers ne sont pas engendrés par la matière en décomposition ; ils proviennent des œufs que les mouches pondent dans un milieu favorable au développement des jeunes larves.