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John Ray ou John Wray

Naturaliste anglais (Black Notley, Essex, 1627-Black Notley, Essex, 1705).

C'est sans doute grâce à sa mère, qui s'intéressait aux plantes et avait acquis empiriquement des connaissances de médecine, que John Ray est devenu naturaliste. Fils d'un modeste forgeron de village, il doit à ses dons intellectuels d'être envoyé à l'université de Cambridge en 1644. Il y deviendra enseignant cinq ans plus tard. En 1662, sa carrière est brutalement interrompue par son refus de prêter le serment de fidélité à l'Église d'Angleterre, exigé après le retour au pouvoir du roi Charles II. Il quitte Cambridge et voyage, à partir de 1663, avec son élève et ami le zoologiste Francis Willoughby, dont la fortune le met à l'abri des soucis matériels. Il rapportera de ses périples dans les îles Britanniques et en Europe continentale la matière de ses futurs travaux. La mort de Willoughby, en 1672, vient bouleverser le cours de son existence. Il passe quelques années dans la propriété de son ami en tant que tuteur des enfants de celui-ci (il épousera d'ailleurs leur gouvernante), puis revient, en 1679, s'installer dans son village natal du Sussex, où il mourra un quart de siècle plus tard.

John Ray a été parfois appelé « le père de l'histoire naturelle anglaise » en raison de l'importance de son œuvre. Il a sans aucun doute donné un souffle nouveau à la botanique et à la zoologie. Encore étudiant, il conçoit le projet d'un catalogue des plantes de la région de Cambridge, qui verra le jour en 1660 et sera suivi, en 1670, d'un Catalogue des plantes d'Angleterre, puis, en 1682, d'un ouvrage intitulé Méthode des plantes nouvelles. Dans ce dernier, Ray plaide pour l'adoption de critères bien limités et précis permettant de définir les espèces, qu'à l'instar de ses contemporains il croit « fixes et déterminées une fois pour toutes ». Pour établir sa classification des plantes, il s'est basé sur la forme et la structure de leurs fruits ainsi que sur la constitution des fleurs et le nombre de pétales, ce qui lui permet de proposer, le premier, la division en monocotylédones (avec un seul cotylédon) et en dicotylédones (avec deux cotylédons). Son chef-d'œuvre en botanique est sa magistrale Histoire des plantes publiée entre 1686 et 1704, où il s'efforce de répertorier et de classer l'ensemble des plantes connues.

Après la mort de Willoughby, John Ray se penche sur les manuscrits de zoologie laissés par son ami, qui n'avait encore rien publié. Il se lance dans l'énorme tâche de compléter ces manuscrits, dont certains ne sont que des ébauches. Il fait paraître en 1676 l'Ornithologie de Willoughby, à laquelle il a incorporé ses propres connaissances, classant les oiseaux à la fois selon leur habitat et selon leur anatomie.

Dix ans plus tard sort une Histoire des poissons, qui contient, semble-t-il, peu de matériaux de Willoughby. Ray a rédigé les deux premiers livres et, comme il l'a fait pour les oiseaux, a établi une classification des animaux marins. Il publie encore un Synopsis des quadrupèdes et des serpents (1683), puis entreprend une grande étude des invertébrés qui débouchera sur une Histoire des insectes, publiée après sa mort, en 1710 ; il est le premier à avoir mené des recherches approfondies sur tous les aspects de la vie des insectes, et à avoir proposé un système de classification basé sur leurs métamorphoses.

On doit à John Ray plusieurs autres ouvrages importants, dont la Sagesse de Dieu, où il aborde l'étude de la nature avec une largeur d'esprit et une attitude rationnelle qui en font l'un des plus grands précurseurs de la science moderne.

L'héritage d'Aristote

L'héritage d'Aristote



Au IVe siècle avant J.-C., Aristote avait classé les animaux en deux grandes catégories : ceux « à sang rouge » (enaima) et ceux « dépourvus de sang » (anaima). John Ray conservera cette distinction ainsi que celle des invertébrés : les anaima à corps mou, ceux recouverts d'écailles, ceux recouverts d'une coquille, les insectes. En revanche, il clarifie la classification des vertébrés par l'emploi de critères anatomiques. Il sépare les poissons, qui respirent par des branchies, des autres vertébrés, à respiration pulmonaire. En s'appuyant sur la structure du cœur, il isole les reptiles, qui ne possèdent qu'un ventricule. Les mammifères et les oiseaux en ont deux, mais les premiers sont couverts de poils tandis que les seconds pondent des œufs et ont un revêtement de plumes. Ray continue à placer les cétacés parmi les poissons, mais il souligne leurs similitudes avec les mammifères. Enfin, il introduit, pour la classification des quadrupèdes, la distinction entre ongulés et onguiculés.