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Francis Ponge

Poète français (Montpellier 1899-Le Bar-sur-Loup 1988).

Le Parti pris des choses (1942) est son premier recueil. On y trouve déjà son engagement principal : saisir l'objet de l'intérieur et de l'extérieur, et en rendre la « propreté », la « netteté ». Cette « phénoménologie de la nature » (Sartre), qui est peut-être aussi une métaphysique de la pureté, se poursuit dans Proèmes (1949-1950) où l'auteur, dépassant le débat prose-poésie, propose à chacun de « fonder sa propre rhétorique ». La forme du poème doit, dans un mimétisme constant, être « déterminée par son objet ». À cet art de l'approche, à cette pénétration quasi nominaliste de l'objet par lui-même correspond un art du brouillon, de l'ébauche et du décalage critique. L'existence et la spécificité du texte doivent être aussi évidentes que l'existence et la spécificité de l'objet auquel il se rapporte : le texte doit vibrer sur place, bruissant du choc entre « l'objet de notre émotion placé d'abord en abîme » et « l'épaisseur vertigineuse et l'absurdité du langage » (« Soleil », dans le Grand Recueil, 1961). Le miracle est la règle : le détail tend à l'oracle, et la « nature morte » du poème porte en elle toute la nature vivante, grâce à la manipulation poétique de l'« objeu ». Ainsi, à force d'être poli, et repoli, Pour un Malherbe (1965) reste-t-il de fait comme un « Ponge par lui-même ». Décrire, c'est purifier, c'est laisser fondre le Savon (1967), c'est faire son devoir « sans grands gestes, grands symboles, vagissements ni fatuité ». Inventeur d'un lyrisme neuf, de plus en plus épuré, Ponge a encore écrit Nouveau Recueil (1967), la Fabrique du pré (1971), la Rage de l'expression (1976), Comment une figue de paroles et pourquoi (1977), Petite Suite vivaroise (1983) et Pratiques d'écriture ou l'Inachèvement perpétuel (1984). Sa correspondance avec Jean Paulhan, en deux tomes, a été publiée en 1986 ; ses œuvres complètes, en deux tomes également, sont parues dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1999 et 2002.