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Roger Planchon

Roger Planchon, le Tartuffe
Roger Planchon, le Tartuffe

Metteur en scène, directeur de théâtre, auteur dramatique et cinéaste français (Saint-Chamond 1931-Paris 2009).

Roger Planchon se décrit ainsi : Ardéchois autodidacte, éduqué par les jésuites qui lui ont donné le goût du théâtre. En 1948, à dix-sept ans, il forme sa troupe qui, de tournées en festivals, joue Shakespeare, Courteline, René Char ; en 1953, elle s'installe dans une petite salle, le théâtre de la Comédie, à Lyon. Planchon est l'ami d'Adamov (Paolo-Paoli) et de Vivaner (les Coréens) ; il monte Ionesco, Kleist, Molière, il « dépoussière les classiques à la lumière de Brecht ». En 1957, la municipalité de Villeurbanne lui accorde la direction de son théâtre de la Cité. L'année suivante, c'est le triomphe des Trois Mousquetaires, dépoussiérés à la lumière d'Helzapoppin.

En 1962, il monte la première pièce qu'il ait écrite, la Remise (elle sera reprise en 1993 par Alain Françon). Suivront Patte blanche (1965), Bleus, blancs, rouges ou les Libertins (1967), ou encore le Cochon noir (1973) et Alice par d'obscurs chemins (1983). En 1962 toujours, il met en scène Tartuffe – un chef-d'œuvre – et en 1966, Bérénice, modèle de tragédie politique, encore une fois unanimement louée. Le répertoire classique dont il fait une lecture contemporaine est pour Planchon une source constante d'inspiration : Henri IV de Shakespeare (1957) ; George Dandin (1959), Dom Juan (1980), l'Avare (1986 et 1987) de Molière ; Bérénice (1969), Athalie (1980), Andromaque (1989) de Racine.

Idéologue du théâtre populaire, Planchon lance le slogan « le pouvoir aux créateurs ». En 1968, il réunit à Villeurbanne les responsables de la décentralisation pour essayer d'établir une plate-forme de rénovation. Déçu, il monte une sorte de revue, la Mise en pièces du Cid, analyse ironique des confusions de l'époque. En 1969, sa pièce l'Infâme, histoire inspirée par le crime du curé d'Uruffe, fait scandale. En 1972, le théâtre de la Cité devient Théâtre national populaire (TNP). Planchon, qui veut consacrer plus de temps à l'écriture, en partage la direction avec Robert Gilbert, avec Patrice Chéreau (de 1972 à 1981), puis avec Georges Lavaudant (de 1986 à 1996). Mais, en tant qu'auteur, il est contesté ; on lui reproche également ses mises en scène de plus en plus surchargées. Il n'en continue pas moins d'écrire. En 1991, ce sera le Vieil Hiver et Fragile Forêt. Personnage complexe, impitoyablement lucide, tenace, fragile, il continue à provoquer et reste un leader. Sa mise en scène de Tartuffe, qu'il avait joué lui-même en 1973, continue de faire référence.

Planchon refuse la direction du Théâtre de la Ville à Paris, tout comme l'administration de la Comédie-Française. Il refuse de se laisser séduire par l'opéra, mais il « fait l'acteur » au cinéma et débute une carrière de cinéaste (Dandin, 1987, d’après Molière). Son film Louis enfant roi, en 1992, retrace l'itinéraire du jeune Louis XIV à travers les tumultes de la Fronde. En 1998, son Lautrec revisite la vie et le personnage de Henri de Toulouse-Lautrec. En 2002, Roger Planchon quitte la direction du TNP avant de créer sa propre compagnie au sein de laquelle il poursuivra jusqu'à sa mort ses travaux d’écriture et ses mises en scène (Célébrations, Harold Pinter, 2005 ; Œdipe 2007 à Colone, 2007 ; Amédée ou comment s’en débarasser, Eugène Ionesco, id.).