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sir Richard Owen

Naturaliste britannique (Lancaster 1804-Londres 1892).

À l'âge de seize ans, il entre comme « apprenti » chez l'un des chirurgiens de sa ville natale, Lancaster. C'est dans le cadre très particulier de la morgue de la prison locale qu'il s'initie à l'anatomie en regardant pratiquer autopsies et dissections. Il étudie ensuite la médecine, d'abord à l'université d'Édimbourg, puis à celle de Londres. Devenu, en 1826, membre du Collège royal des chirurgiens, il entreprend, comme assistant du conservateur du musée Hunter, de classer la riche collection de pièces anatomiques composant ce musée. En 1830, il reçoit Georges Cuvier, venu voir la collection, et le célèbre naturaliste français l'invite à lui rendre visite à Paris, ce qu'il fera l'année suivante.

C'est en 1832 qu'Owen attire l'attention des zoologistes de son temps avec la parution d'un mémoire, considéré comme remarquable, sur le Nautilus pompilius. Son mémoire est basé sur l'étude d'un spécimen unique de ce mollusque céphalopode, connu jusqu'alors uniquement par sa coquille nacrée. À l'occasion de ce travail, il modifie la classification établie par Cuvier, et propose la création de deux nouveaux ordres. Parmi ses écrits sur les invertébrés, l'un des plus marquants est celui consacré à la trichine, ver parasite responsable de la redoutable trichinose. Mais Owen s'intéresse aussi et surtout aux vertébrés. Il consacre plusieurs articles aux monotrèmes (mammifères considérés comme les plus primitifs) et aux marsupiaux, tel le kangourou. Il étudie les primates, notamment les singes anthropomorphes dont il se fait envoyer d'Afrique de nombreux spécimens pour ses recherches anatomiques.

Il enseigne, à partir de 1836, au Collège royal des chirurgiens, et, dès cette période, il manifeste un intérêt croissant pour la paléontologie. En 1846 paraît son Histoire des mammifères et des oiseaux fossiles de Grande-Bretagne, suivie, trois ans plus tard, d'une Histoire des reptiles fossiles de Grande-Bretagne. Il est également l'auteur de passionnants travaux sur le mégathérium, sur les mammifères éteints d'Australie, sur les oiseaux disparus de Nouvelle-Zélande, sur l'archéoptéryx et le dodo, ainsi que sur les reptiles fossiles d'Afrique du Sud.

En 1849, il prend la succession du conservateur du musée Hunter, dont il a épousé la fille. En 1856, il devient surintendant du département d'histoire naturelle du British Museum ; département qu'il fera transférer, quinze ans plus tard, dans un nouveau bâtiment dont il a organisé l'aménagement.

Owen entretient d'abord des rapports très cordiaux avec Charles Darwin, dont il a fait la connaissance en 1836. La brouille intervient après que Darwin a fait paraître son ouvrage De l'origine des espèces (1859), qu'Owen critique sévèrement. Cet homme au caractère entier, persuadé de ses mérites et désireux d'exercer une absolue domination scientifique dans le domaine qui est le sien, ne peut que prendre ombrage de l'immense retentissement des théories darwiniennes.

Si Richard Owen avait adopté une attitude différente lors de la publication de De l'origine des espèces, sans doute serait-il resté dans les mémoires seulement comme un grand anatomiste, l'égal de Cuvier à bien des égards. Mais le mauvais procès qu'il a fait à l'auteur de l'ouvrage est venu quelque peu ternir son image de savant. Quand éclate la « bombe » scientifique lancée par Darwin, il commence par affirmer qu'il est lui-même à l'origine de la théorie de l'évolution avancée. Puis, lorsque Darwin lui demande l'autorisation de le citer comme l'un de ses partisans, il refuse et affirme que son confrère s'est contenté de reprendre de vieilles thèses lamarckiennes sans intérêt.

Membre de presque toutes les sociétés savantes, bien vu du clergé comme de toutes les hautes autorités de l'État, Richard Owen termine ses jours dans la maison mise à sa disposition, en 1851, à Richmond Park, par la reine Victoria.