En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Henry Fairfield Osborn

Paléontologiste américain (Fairfield, Connecticut, 1857-Garrison, État de New York, 1935).

Fils aîné du président d'une grande compagnie de chemin de fer, Henry Osborn aurait pu devenir, comme son père, un homme d'affaires prospère s'il ne s'était pas, encore étudiant à l'université de Princeton, passionné pour les restes fossiles des mammifères disparus. Avec l'un de ses camarades, il organise, durant l'été de 1877, une expédition dans le Wyoming, région de l'Ouest américain encore occupée à l'époque par des Indiens hostiles. Il y découvre son premier titanothère – animal fossile de l'éocène et de l'oligocène – et rapporte de nombreux spécimens de vertébrés éteints. Une nouvelle expédition l'été suivant se révéle tout aussi fructueuse.

Après avoir terminé ses études à Princeton en 1879, Henry F. Osborn va en Angleterre pour y compléter ses connaissances en embryologie et en anatomie. Il a avec Charles Darwin une entrevue qu'il n'oubliera pas. De retour aux États-Unis, il enseigne, à partir de 1881, l'histoire naturelle et l'anatomie, puis la biologie et la zoologie à Princeton. Il est, de 1910 à 1935, directeur du département de recherches en zoologie de l'université Columbia, à New York. Parallèlement, il fonde et dirige le département de paléontologie des vertébrés à l'American Museum of Natural History de New York, dont il devient le président en 1908. Il édifie une collection très importante, alimentée notamment par les grandes expéditions paléontologiques qu'il met sur pied dans l'ouest des États-Unis et dans des pays aussi différents que l'Égypte et la Mongolie. Par ailleurs, il s'attache à stimuler l'intérêt pour la paléontologie par la publication de nombreux ouvrages de vulgarisation et en organisant dans son musée une galerie d'exposition unique au monde par l'intérêt des pièces exposées et l'originalité de leur présentation.

Henry F. Osborn écrit beaucoup malgré ses multiples occupations, et principalement sur les vertébrés fossiles. Son mémoire sur la structure et la classification des mammifères du mésozoïque (1887) est un de ses ouvrages essentiels. Il y propose une théorie générale de l'évolution des molaires des mammifères, estimant à quelque 20 millions d'années le temps nécessaire à l'édification de la troisième molaire des mastodontes trilophodontidés, c'est-à-dire à la formation de trente tubercules. Il fait également beaucoup progresser l'histoire paléontologique des rhinocéros, des titanothères, des proboscidiens (éléphants et formes fossiles voisines), des chevaux, grâce aux nombreux mémoires et articles qu'il consacre à ces animaux. Il s'intéresse par ailleurs, dans ses écrits, au problème général de la vie et de son évolution. Pour lui, il existe deux sortes de changements évolutifs : les modifications quantitatives des structures existantes et les caractères réellement nouveaux, les « aristogènes », comme il les appelle, qui apparaissent antérieurement à tout usage, mais peuvent se révéler précieux lorsque l'environnement se modifie. Ces caractères sont supposés progresser lentement dans des directions adaptatives variées.

Osborn a toujours refusé d'admettre la théorie de la sélection naturelle, en dépit du respect qu'il a pour l'œuvre de Charles Darwin. Il s'est aussi refusé à prendre en compte l'apport de la génétique au concept moderne de l'évolution et a basé sa contribution dans ce domaine exclusivement sur l'étude des fossiles.

Le mastodonte américain

Le mastodonte américain



« Ce mastodonte se distingue du mammouth par un front aplati, des membres courts et massifs, un pelvis très large, une hauteur au garrot qui ne dépasse guère 2,80 m. Il était probablement couvert d'une épaisse toison formée de laine et de poils rêches. Lorsqu'on a retrouvé des poils, ceux-ci étaient longs et bruns. Les défenses avaient au maximum 3 m de long, la moyenne chez les animaux adultes se situant entre 2,10 m et 2,40 m. La structure en anneaux de l'ivoire semble indiquer une croissance discontinue de celui-ci ; un animal possédant des défenses de 2,40 m présente 24 anneaux de croissance, ce qui peut signifier un âge de 24 ans. Tous les indices montrent que les mastodontes étaient extraordinairement abondants. On estime même qu'ils étaient aussi nombreux que les bisons (…). Si ces animaux coexistaient avec l'homme à l'âge postglaciaire, ils ont pu être éliminés par lui, soit directement par la chasse, soit indirectement par les répercussions de son activité. »
Extrait de l'Âge des mammifères (1910).