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Alcide Dessalines d'Orbigny

Zoologiste français (Couëron, Loire-Atlantique, 1802-Pierrefitte-sur-Seine 1857).

Il effectue dans sa jeunesse un grand voyage en Amérique du Sud, qui constitue l'un des plus passionnants chapitres de l'histoire des explorations au xixe siècle. Il en rapporte une fabuleuse collection d'animaux, de plantes et de fossiles, ainsi que la matière d'un volumineux ouvrage dont la publication prendra treize ans.

Alcide d'Orbigny tient son goût pour les sciences naturelles de son père, Charles-Marie (1770-1856), qui est l'un des fondateurs du musée d'histoire naturelle de La Rochelle. Le jeune d'Orbigny n'a que vingt-trois ans lorsqu'il présente à l'Académie des sciences une remarquable étude sur les foraminifères, animaux microscopiques vivant le plus souvent dans la mer et dont le protoplasme est protégé par une coquille. Ce mémoire, qui fait de lui le premier des micropaléontologues, lui vaut d'emblée la considération du monde savant. Aussi se voit-il proposer par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris de partir en Amérique du Sud comme naturaliste-voyageur. Il accepte avec enthousiasme et se prépare consciencieusement à cette mission sous la direction des grands zoologistes de l'époque, George Cuvier, Henri de Blainville, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire.

Parti en juillet 1826, Alcide d'Orbigny ne revient en Europe qu'en février 1834. Durant son long voyage, il parcourt quelque 3 000 km du nord au sud et 3 600 d'est en ouest. Il remonte le Paraná, l'une des grandes voies d'eau de l'Amérique du Sud, chevauche dans la pampa entourant Buenos Aires, effectue la première véritable exploration scientifique de la Patagonie, se rend au Chili et, de là, en Bolivie. Il va passer trois ans dans ce pays plus étendu que la Bolivie actuelle et encore mal connu à l'époque : après avoir visité les environs de La Paz et la Bolivie andine, il redescend vers Santa Cruz de la Sierra, sur le versant atlantique de la Cordillère des Andes ; il se rend dans les anciennes missions jésuites et effectue diverses explorations qui tantôt le ramènent sur les hauteurs des Andes, tantôt le conduisent dans la forêt vierge tapissant les vallées humides du río Mamoré, où il est dévoré par les fièvres, ce qui le décide finalement à préparer son retour vers la France.

Il a affronté, durant son voyage, les attaques de pirates, d'Amérindiens en révolte et de bêtes sauvages, les tempêtes, le mal des montagnes, les piqûres d'insectes et les morsures de serpents, le froid glacial et le soleil brûlant des déserts, mais il a engrangé pour la science un riche butin. Il a collecté de très nombreux spécimens d'animaux et de plantes dont beaucoup étaient jusqu'alors inconnus. Il n'a pas seulement étudié la faune et la flore des pays visités, mais aussi les peuples, la géologie, le climat, la géographie. Le Voyage dans l'Amérique méridionale (1834-1847), ouvrage illustré en onze volumes, constitue la description la plus complète qui ait été faite jusqu'alors de l'Amérique du Sud. Il contient aussi la première carte d'ensemble du continent.

À partir de 1840, Alcide d'Orbigny s'oriente de plus en plus exclusivement vers la paléontologie. Ses deux ouvrages fondamentaux dans ce domaine sont Paléontologie française et Prodrome de paléontologie stratigraphique universelle des animaux mollusques et rayonnés. Comme George Cuvier, il s'attache à la théorie dite « des créations successives », selon laquelle les faunes auraient été détruites à la fin de chaque étage géologique (il n'en distingue, pour sa part, pas moins de vingt-sept) par de grandes catastrophes, les révolutions du globe. Cette théorie sera ruinée par la parution, en 1859, de l'Origine des espèces. Mais Alcide d'Orbigny l'ignorera, il a succombé deux ans plus tôt à une maladie de cœur.