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Alfred Nobel

Alfred Nobel
Alfred Nobel

Chimiste suédois (Stockholm 1833-San Remo 1896).

Inventeur de la dynamite et d'autres explosifs, il amassa une immense fortune. En fondant, par testament, les prix qui portent son nom, destinés à récompenser chaque année des bienfaiteurs de l'humanité, il a répondu aux critiques de ceux qui lui reprochaient d'être un « marchand de la mort ».

Un spécialiste des explosifs

Fils d'un industriel, Alfred Nobel fréquente d'abord une école de Stockholm. Il a 9 ans quand sa famille déménage à Saint-Pétersbourg. Son père, Immanuel, inventeur dans le domaine des explosifs, obtient en effet un contrat avec l'armée russe pour le développement de mines marines. Les restrictions qui pèsent en Russie sur les étrangers obligent Immanuel Nobel à faire appel à des universitaires pour l'éducation de ses fils. Alfred Nobel se fascine rapidement pour la chimie, à laquelle l'initie l'un de ses précepteurs, Nicolaï Zidine. Lors d'un voyage de deux ans en Allemagne, en France, en Italie et en Amérique du Nord, il perfectionne ses connaissances en chimie et acquiert une bonne maîtrise de plusieurs langues (venant s'ajouter au suédois et au russe, qu'il parle déjà couramment). De retour à Saint-Pétersbourg, il travaille dans l'entreprise paternelle, commence à mener ses propres expériences et, à 24 ans, dépose son premier brevet. Après la guerre de Crimée, l'entreprise fait faillite et les Nobel regagnent la Suède en 1859.

En 1850, Alfred Nobel a séjourné à Paris chez le chimiste Théophile Jules Pelouze, qui lui a parlé de la nitroglycérine, découverte en 1847 par l'un de ses élèves, l'Italien Ascanio Sobrero (1812-1888). Cela le pousse à tenter de mettre au point un procédé qui permettrait de produire de la nitroglycérine à l'échelle industrielle. Mais l'opération n'est pas sans danger en raison de la difficulté à contrôler le très puissant pouvoir explosif de cette substance. En 1863, l'usine Nobel, installée à Heleneborg, près de Stockholm, est soufflée par une explosion, dans laquelle périssent le frère cadet d'Alfred et quatre collaborateurs. Malgré ce dramatique accident, Alfred ne se décourage pas. Il découvre bientôt la possibilité d'amorcer la détonation de la nitroglycérine au moyen du fulminate de mercure. Son invention, en 1864, du détonateur « à retard », qui permet de contrôler la mise à feu, constitue un pas très important vers la maîtrise des explosifs et, l'année suivante, il ouvre à Vinterviken, près de Stockholm, la première usine mondiale de fabrication de nitroglycérine. Poursuivant ses expérimentations, Alfred Nobel enferme le liquide dans un matériau absorbant (kieselguhr) et obtient ainsi un mélange explosif bien plus maniable et moins dangereux, qu'il appelle « poudre dynamite » (du grec dunamis, « puissance ») et qu'il fait breveter en 1867 en Suède, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Cherchant ensuite à en améliorer les propriétés, il crée, en 1875, la dynamite-gomme : cette variété de dynamite, dont la consistance rappelle celle du caoutchouc, est un explosif puissant et brisant, moins sensible au choc que la nitroglycérine et qui conserve ses propriétés explosives dans l'eau. Puis, en 1887, il invente la « Balistite », une poudre presque sans fumée, constituée d'un mélange de nitroglycérine et de nitrocellulose avec un peu de camphre.

Le fondateur des prix Nobel

Devenu un industriel prospère grâce à ses inventions (350 brevets déposés au cours de sa carrière), Alfred Nobel se retrouve à la tête d'une immense fortune qui lui permet de vivre dans une opulence discrète. Gestionnaire avisé, resté célibataire, il est également un passionné de belles-lettres, féru de poésie, admirateur fervent de Byron et de Shelley, et entretient des relations épistolaires avec Victor Hugo.

En 1893, conscient que la dynamite n'a pas apporté à l'humanité le bonheur et la paix qu'il escomptait pour elle (il pensait naïvement que la dynamite mettrait fin aux guerres !), Alfred Nobel décide que sa fortune pourrait peut-être y contribuer. Dans un premier testament, il institue un prix destiné à récompenser une découverte scientifique qui irait dans ce sens. Puis, dans un second, rédigé à Paris le 27 novembre 1895, il demande qu'une fois ses héritiers servis à hauteur de ce qu'il consent à leur léguer, le reste de sa fortune soit placé de façon sûre et que les intérêts produits soient distribués à de grands bienfaiteurs de l'humanité, dans cinq domaines : la physique, la chimie, la physiologie ou la médecine, la littérature et la paix entre les nations. Les deux premiers prix seront décernés par l'Académie suédoise des sciences, celui de médecine par l'Institut Karolin de Stockholm, celui de littérature par l'Académie de Stockholm et celui de la paix par un collège de cinq membres désignés par le Storting, le Parlement norvégien. À sa mort, Alfred Nobel laisse 32 millions de couronnes suédoises au comité chargé d'appliquer ces dispositions testamentaires.