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Robert Cushman Murphy

Ornithologue américain (New York 1887-New York 1973).

Sa vie, consacrée à l'étude des oiseaux de mer, se partage entre de nombreuses expéditions scientifiques et le Musée d'histoire naturelle de New York, dont le département d'ornithologie devint, grâce à lui, l'un des plus importants du monde.

Robert Cushman, né sur les hauteurs de Brooklyn, fait très tôt connaissance avec les oiseaux de mer qui vont devenir l'objet de prédilection de ses recherches. Encore étudiant, il travaille bénévolement durant une année comme assistant au Musée américain d'histoire naturelle de New York. Il y effectue toutes sortes de petits travaux, tels ceux ayant trait à la conservation des spécimens d'animaux, qui le préparent à sa future carrière de naturaliste. Après son diplôme passé à l'université Columbia, il sera nommé en 1917 conservateur adjoint des mammifères et des oiseaux au Musée d'histoire naturelle de Brooklyn. Entre-temps, il va faire un rude apprentissage de marin.

Bien que jeune marié, il s'est engagé comme navigateur adjoint à bord d'un baleinier croisant dans les eaux de l'Antarctique. Pour sa femme restée aux États-Unis, il tient un journal de bord qui ne sera publié qu'en 1947 et qui connaîtra un grand succès en Amérique. De novembre 1912 à mars 1913, il séjourne en Géorgie du Sud. Dans cette île de l'Atlantique sud dépendant des Malouines, il étudie les manchots royaux. Sa tâche n'est pas facile. Le climat est rude et le vent souffle en tempête, parfois pendant plusieurs jours. Par ailleurs, il se heurte aux instincts destructeurs des membres de l'équipage du baleinier qui prennent un malin plaisir à saccager les colonies de manchots. Les hommes tuent un grand nombre d'adultes non seulement pour manger leur chair, mais aussi pour revendre les peaux, très appréciées. Plus grave encore, ils détruisent systématiquement les œufs qu'ils n'ont pas emportés pour leur consommation ou pour les exhiber à titre de curiosités à leur retour aux États-Unis. Ce vandalisme empêche le jeune naturaliste de voir un seul poussin durant tout son séjour. Écologiste avant la lettre, Robert Murphy s'inquiète de l'avenir du manchot royal en Géorgie du Sud. Il se livre néanmoins à une étude exhaustive de l'espèce. Il décrira avec humour les attitudes « martiales » de ces manchots qui ont une façon bien à eux de se tenir au garde-à-vous, d'avancer au pas cadencé, en file indienne ou sur deux rangs…

En 1921, Robert Murphy entre au Musée d'histoire naturelle de New York en tant que conservateur adjoint. De 1926 à 1942, il est conservateur des oiseaux de mer. Il sera ensuite directement adjoint, puis directeur du département des oiseaux. Jusqu'à sa retraite, en 1955, il travaille à l'enrichissement des collections ornithologiques du Muséum de New York. Au cours de sa vie, il écrit plusieurs livres dont les Oiseaux de mer de l'Amérique du Sud, qui est regardé comme un chef-d'œuvre de la littérature ornithologique marine. Il participe aussi à de nombreuses expéditions dans diverses régions du globe : en Amérique centrale et du Sud, en Méditerranée occidentale, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Zélande, dans l'Antarctique… Il avait une connaissance prodigieuse des oiseaux de mer, de leurs caractéristiques physiques comme de leurs cycles biologiques, de leurs mœurs ou de leur distribution géographique.