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John Stuart Mill

Philosophe et économiste britannique (Pentonville, Londres, 1806-Avignon 1873).

Disciple de Hume, John Stuart Mill fut le penseur de langue anglaise le plus influent du xixe s. Adepte d’une morale à laquelle on donne le nom d’« utilitarisme », il affirma l’identité du bonheur général avec le bonheur individuel et fit du premier le principe directeur de sa démarche. En économie, il se rattache à l’école classique.

Théoricien et parlementaire

John Stuart Mill est le fils aîné de James Mill, lui-même philosophe et économiste, continuateur à la fois de David Hume et de Jeremy Bentham, qui avait introduit l’utilitarisme. Son éducation est à la mesure des ambitions de son père : dès son plus jeune âge, il lit dans le texte les grands auteurs grecs et latins ; à 14 ans, il maîtrise la pensée des économistes Adam Smith et David Ricardo. D’abord proche lui-même des conceptions de Bentham, il cherche, dès la fin des années 1820, à les concilier avec les idées de progrès qui ne cesseront plus de caractériser sa pensée.

À partir de 1823, Mill travaille pour la Compagnie anglaise des Indes orientales, qui est dissoute en 1858. Il obtient alors une pension confortable, qui lui permet de vivre tantôt en Avignon, tantôt en Grande-Bretagne. Élu membre de la Chambre des communes en 1865, il prend une large part aux débats politiques du moment, publiant de nombreux articles sur les questions économiques et sociales (comme la condition féminine), et se prononce pour l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. En 1867, il devient recteur de l’université écossaise de St Andrews, mais, n’étant pas réélu l’année suivante au Parlement, il se retire définitivement en Avignon.

Parmi l’œuvre abondante de John Stuart Mill, on peut citer Principes d’économie politique (1848), Sur la liberté (1859), l’Utilitarisme (1861), Auguste Comte et le positivisme (1865), Sur la nature (1874) et Trois Essais sur la religion (id.).

L'héritage de l'empirisme

En héritier de Hume, Mill professe en logique un associationnisme fondé sur la réalité du monde extérieur et celle des esprits : la logique ne doit plus être considérée comme une science de la conséquence formelle, mais comme une science de la vérité.

La seule chose qui puisse être tenue pour certaine est l’existence de sensations. Mill les répartit en deux classes : les sensations actuellement perçues et la masse des sensations possibles. Ces dernières sont permanentes, parce qu’une longue expérience les a accumulées dans l’esprit. Cette permanence nous fait croire en la réalité première du monde extérieur, alors que, en fait, nos sensations précèdent cette réalité ; c’est grâce à elles que notre entendement forge ce que nous appelons la matière. Cet idéalisme ne change en rien nos façons d’agir, car les sensations ont une objectivité suffisante pour guider notre comportement.

Voulant ramener la logique à l’expérience (Système de logique inductive et déductive, 1843), Mill n’admet que l’induction comme raisonnement fécond, mais il refuse de la justifier par la croyance à l’uniformité du cours de la nature. Il la considère, non pas comme une vraie connaissance, mais comme un principe opératoire fondé sur notre habitude à voir se succéder des séries de phénomènes selon un ordre toujours identique. Il codifie les règles de la méthode expérimentale dans un esprit proche de celui de Francis Bacon : la déduction est une généralisation des opérations inductives.

L’héritage de l’utilitarisme

Dans une certaine mesure, l’activité humaine reste libre : l’homme intervient dans la chaîne des causes et des effets par le fait même qu’il a la faculté de coopérer à la formation de son caractère. Cela justifie le droit de punir, car l’homme est alors responsable. Mill est, avec Jeremy Bentham et Herbert Spencer, l’un des représentants les plus remarquables de l’utilitarisme ; il affirme que le fondement de la morale est « l’utilité ou principe du plus grand bonheur ». Dès lors, la recherche par chacun de la plus grande part de plaisir possible fonde une conduite raisonnable qui contribue à l’intérêt général ; ainsi peuvent être justifiés le dévouement à autrui et le sacrifice, parce qu’ils sont susceptibles d’augmenter la somme totale de bonheur.

L’héritage du libéralisme

Dans ses Principes d’économie politique, Mill se veut un continuateur de l’œuvre de Ricardo, même si ses conceptions s’en éloignent sur plusieurs points. Il introduit en effet des idées réformatrices en économie : il pense que la répartition de la propriété dépend de l’évolution historique et se montre partisan d’une distribution plus équitable des terres. Pour lui, le profit que fait l’entrepreneur industriel est la récompense de son abstinence : en renonçant à consommer immédiatement le revenu dont il dispose et en choisissant de le consacrer à la production, l’entrepreneur accepte de n’en retirer un intérêt qu’au terme du processus productif.