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Ilia Ilitch Metchnikov ou Élie Metchnikoff

Zoologiste et biologiste russe (Ivanovka, près de Kharkov, 1845-Paris 1916).

Né dans les steppes de l'Ukraine, fils d'un officier de la garde impériale propriétaire foncier, Metchnikoff manifeste très tôt un goût prononcé pour la biologie. Après deux années d'étude des sciences naturelles à l'université de Kharkov, il part en 1864 pour l'Allemagne où il étudie la faune marine à Helgoland, puis travaille à Giessen dans le laboratoire de Rudolf Leuckart, le père de la parasitologie moderne. Il y observe un intéressant exemple d'alternance de générations – sexuée et asexuée – chez les nématodes. En 1865, il se rend à Naples, où il entreprend l'étude comparative des feuillets embryonnaires des animaux inférieurs et des animaux supérieurs. Il retourne en 1867 en Russie pour y passer sa thèse de doctorat, qui porte sur l'extension aux arthropodes de la théorie des feuillets embryonnaires.

Pour son premier poste d'enseignant, Metchnikoff choisit Odessa afin de pouvoir y poursuivre ses recherches sur la faune marine. Comme il ne s'entend pas avec son supérieur hiérarchique, il demande sa mutation à Saint-Pétersbourg, mais, déçu par les conditions de travail qu'il trouve dans cette ville, il ne tarde pas à revenir à Odessa. En 1869, il a épousé une jeune femme déjà gravement atteinte de tuberculose, qui meurt en 1873. Bouleversé, Metchnikoff tente de se suicider. Sauvé de justesse, il effectue dans les steppes de l'Asie centrale un voyage anthropologique pour étudier le peuple kalmouk. Il revient en Russie et se remarie en 1875. La politique réactionnaire qui suit l'assassinat du tsar Alexandre II l'amène à donner sa démission de l'université (1882). Il va alors travailler à Messine où se place ce que lui-même a appelé « le grand événement » de sa vie scientifique, la mise en évidence du mécanisme de la phagocytose, soit l'ingestion et la dégradation d'une particule par une cellule. « Jusque-là zoologiste, je devins brusquement pathologiste. J'entrais dans une nouvelle voie où s'exerça mon activité ultérieure. » Sa découverte est, au début, très controversée. Les expériences auxquelles il procède sans cesse pour la vérifier lui permettent, notamment, de montrer le rôle des globules blancs dans la défense de l'organisme contre l'infection. Rentré en 1886 à Odessa, il quitte définitivement la Russie deux ans plus tard. Pasteur l'accueille à l'Institut, où il reprend et affine ses travaux. Il écrit plusieurs ouvrages dont deux devenus des classiques de l'immunité : Leçons sur la pathologie comparée de l'inflammation et l'Immunité dans les maladies infectieuses. Il étudie de nombreuses maladies, parmi lesquelles la tuberculose et la syphilis, et effectue sur la flore intestinale des recherches qui l'amènent à l'idée que la vieillesse est due à un empoisonnement chronique par les microbes de l'intestin. Pour combattre cet empoisonnement, il se fait l'apôtre d'un régime alimentaire à base de lait caillé. Devenu sous-directeur de l'Institut Pasteur, il partage avec Ehrlich en 1908 le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur l'immunité.

Mais Metchnikoff est de plus en plus préoccupé par la vieillesse et la mort. Il établit des comparaisons de longévité entre les différents animaux. Pour prolonger celle de l'homme, il préconise des règles d'hygiène qui devraient, pense-t-il, permettre d'atteindre sans heurts et sans angoisse le terme normal de la vie, soit les environs de la centième année. Lui-même ne parviendra pas à cet âge : il meurt à soixante-et-onze ans, victime d'une crise cardiaque.

La découverte de la phagocytose

La découverte de la phagocytose



En travaillant sur des organismes marins microscopiques, Metchnikoff avait observé chez ceux assez transparents pour être observés vivants une multitude de petites cellules munies de prolongements mobiles et qui, lorsque survenait la moindre lésion, s'accumulaient à l'endroit endommagé et renfermaient souvent des débris de corps étrangers. Supposant que l'afflux des cellules mobiles vers les endroits lésés représentait une réaction de défense contre les agents étrangers en général et contre les microbes en particulier, il introduit des échardes piquantes dans des bipinnarias, larves flottantes d'étoiles de mer. « Le lendemain, dit-il, j'ai pu voir une masse de cellules mobiles entourer le corps étranger en formant une couche épaisse. L'analogie de ce phénomène avec ce qui a lieu lorsqu'un homme se pique avec une écharde qui amène l'inflammation, accompagnée de suppuration, est étonnante... » Les expériences ultérieures de Metchnikoff et d'autres chercheurs confirment le rôle de la phagocytose dans les processus de défense contre les agressions microbiennes.