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Barry J. Marshall

Médecin australien (Kalgoorlie, Australie-Occidentale, 1951).

Au début des années 1980, jeune interne à l'hôpital royal de Perth, il s'est intéressé aux premiers résultats obtenus par R. Warren suggérant que les gastrites et les ulcères gastroduodénaux pouvaient résulter d'une infection bactérienne. Après plusieurs essais infructueux, les deux chercheurs parvinrent, en 1982, à cultiver l'agent infectieux présumé, une bactérie hélicoïdale qui reçut alors le nom de Helicobacter pylori. Puis ils menèrent une importante étude clinique, qui montra que la bactérie était bien présente dans l'estomac de la plupart des patients souffrant d'ulcères digestifs et qu'elle était toujours associée à une inflammation de la muqueuse gastrique.

Isoler un agent infectieux ne représente cependant qu'une étape : pour s'assurer qu'un microbe est responsable d'une maladie, il faut, en effet, que l'inoculation du germe reproduise la maladie d'un individu chez un autre, sain, et que l'on retrouve le germe dans la nouvelle infection transmise. Pour obtenir cette preuve, Marshall, en 1985, ingéra avec un autre volontaire (Warren souffrait alors d'une infection bénigne qui lui interdisait de tenter l'expérience sur lui-même) une décoction pure d'Helicobacter pylori : les deux cobayes souffrirent alors d'une infection gastrique, confirmée par des endoscopies ; des biopsies de leur estomac permirent d'isoler à nouveau la bactérie et l'infection fut stoppée grâce à des antibiotiques. Malgré ce résultat, Marshall et Warren se heurtèrent encore au scepticisme de la communauté scientifique internationale, qui imputait les ulcères digestifs à un excès d'acidité gastrique dû au stress. Ce n'est qu'après une nouvelle publication, en décembre 1988, dans la revue The Lancet, confirmant la présence de la bactérie dans tous les estomacs ulcéreux, que la relation entre les ulcères gastroduodénaux et une infection due à Helicobacter pylori a été enfin unanimement admise.

B. Marshall et J. R. Warren ont obtenu conjointement le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2005 pour leur découverte, qui a révolutionné la gastro-entérologie (la maladie ulcéreuse est l'une des plus fréquentes ; on sait aujourd'hui la guérir et stopper ses récidives en éliminant par des antibiotiques la bactérie qui la provoque).