En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Fritz Müller

Naturaliste allemand (Windischholzhausen, près d'Erfurt, 1821-Blumenau, Brésil, 1897).

Ce fils de pasteur, né dans un village de Thuringe, et dont le frère cadet, Hermann, deviendra botaniste, commence d'abord par étudier la pharmacie, puis s'oriente vers les mathématiques et les sciences naturelles. Il obtient en 1844 son diplôme de docteur à l'université de Berlin, avec une thèse brillante sur les sangsues. En 1845, il décide de faire sa médecine. Son rêve est d'exercer à bord des bateaux afin d'avoir l'occasion de visiter les régions tropicales, dont la faune l'intéresse au plus haut point. Il ne réalisera jamais ce rêve, car, lorsqu'il veut passer son diplôme d'État en Prusse, il se heurte au veto des autorités ; on lui reproche ses positions politiques libérales et son refus de prêter un serment religieux.

Il décide alors de s'expatrier. En 1852, il part pour le Brésil et s'installe à Blumenau, ville fondée par les Allemands sur le fleuve Itajaí-Açu, à mi-chemin entre Rio de Janeiro et la frontière uruguayenne. Pendant quatre ans, il essaie de vivre en cultivant la terre. Il enseigne ensuite les mathématiques dans un collège situé à Desterro (aujourd'hui Florianopolis), dans l'île de Santa Catarina, mais un différend avec les jésuites l'oblige à quitter l'établissement en 1867. Après avoir été fonctionnaire de l'administration provinciale, Fritz Müller, qui n'a jamais cessé d'étudier les animaux, obtient en 1876 un poste plus conforme à ses aspirations, celui de naturaliste itinérant rattaché au Muséum national de Rio de Janeiro. Il est congédié en 1891 parce qu'il a refusé de venir s'installer dans cette ville. Ses dernières années, passées à Blumenau, sont assombries par la perte de sa femme et de sa fille.

Fritz Müller a profité de son séjour au bord de la mer, à Desterro, pour étudier les animaux marins, les crustacés notamment. Quand, en 1859, paraît De l'origine des espèces de Charles Darwin, il se range tout de suite parmi les partisans de la théorie de la sélection naturelle. Il publie cinq ans plus tard un petit livre qui a un grand retentissement en Europe, Pour Darwin. Il y défend avec ardeur les thèses du naturaliste anglais, en s'appuyant sur ses propres recherches concernant l'évolution des crustacés. Il émet l'idée que les phases successives du développement embryonnaire d'un organisme sont un rappel des états successifs atteints au cours de l'évolution par le groupe auquel appartient cet organisme. Ainsi, la crevette récapitulerait, entre le moment de sa conception et celui de sa naissance, l'évolution qui, en des millions d'années, a conduit ce crustacé à son état actuel. L'intérêt de cette « loi biogénétique fondamentale », systématisée à l'excès par Ernst Haeckel, a été de fournir une explication simple des organes transitoires des embryons.

Fritz Müller a entretenu une abondante correspondance avec Charles Darwin, qui s'est efforcé de faire connaître ses travaux en Angleterre.

Le mimétisme müllérien, une assurance mutuelle

Le mimétisme müllérien, une assurance mutuelle



Fritz Müller a laissé de nombreux écrits se rapportant à l'entomologie. C'est dans un article paru en 1879 qu'il définit pour la première fois le type de mimétisme qui porte aujourd'hui son nom. Henry Bates avait signalé en 1862 les cas de mimétisme entre espèces comestibles et espèces toxiques de papillons, les premières copiant dans leur aspect et leurs couleurs les secondes, pour éviter d'être chassées par les insectivores. L'étude de groupes de papillons sud-américains présentant une ressemblance parfaite, acquise par la sélection naturelle, a permis à Fritz Müller d'expliquer pourquoi différentes espèces toxiques sont également mimétiques. Les oiseaux apprennent, dès leur jeune âge, à reconnaître ceux qu'ils ne doivent pas toucher : le contraste des couleurs vives, jaune ou rouge, et du noir est un signal de danger chez toutes les espèces animales. Ils gardent le souvenir de ces marques et s'abstiennent par la suite d'attaquer les espèces portant ces couleurs d'avertissement. Or, si plusieurs espèces arborent une livrée semblable, l'oiseau fera moins d'essais et donc occasionnera moins de pertes parmi ces espèces. Il s'agit en quelque sorte d'une assurance mutuelle, particulièrement bénéfique pour les espèces rares.