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Aleksandr Loukachenko

Homme d'État biélorusse (Kopys, Orcha, 1954).

Diplômé de l’Institut pédagogique de Moguilev et de l’Académie d’agriculture de Biélorussie, il effectue son service militaire dans les années 1970 chez les gardes-frontières. Dans les années 1980, il exerce diverses fonctions dans les fermes d’État de la République.

1. Le « dernier dictateur de l'Europe »

Élu député au Soviet suprême de la RSS de Biélorussie (1990), il dirige à partir de 1993 la Commission parlementaire en charge de la lutte contre la corruption, ce qui lui permet d’acquérir une certaine renommée. En 1994, il est élu à la présidence de la République avec plus de 80 % des voix et met rapidement en place un système de pouvoir autoritaire ainsi qu’une politique de rapprochement avec la Russie.

À l’automne 1996, il obtient par référendum (contesté par l’opposition et les observateurs étrangers) une prolongation de son mandat jusqu’en 2001. Après une campagne électorale marquée par un accroissement des mesures de répression à l’encontre de l’opposition, il remporte l’élection présidentielle de septembre 2001 dès le premier tour avec plus de 75 % des suffrages.

À l’automne 2004, il organise un nouveau référendum à l’issue duquel il est autorisé à briguer un troisième mandat : il est réélu président, sans surprise, en mars 2006 au terme d’une campagne sous tension et d’une élection jugée non conforme aux standards internationaux.

Interdit de séjour dans l'Union européenne ainsi qu'aux États-Unis, A. Loukachenko consent à donner à la plupart des candidats de l’opposition – neuf au total –, la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle de décembre 2010. Ayant remporté le scrutin avec 79,67 % des voix, il fait violemment réprimer les manifestants contestant les élections truquées et fait procéder à l'arrestation des principaux chefs de l'opposition.

2. À la tête d'un pays en ruine et isolé

Le début de son quatrième mandat à la tête de la Biélorussie est marqué par une crise économique et financière sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1994. Celle-ci provoque une dévaluation du rouble et une forte progression de l’inflation qui accentuent le mécontentement de la population dans l’ensemble du pays. En juin et juillet 2011, les actions de protestation contre la politique économique du gouvernement se multiplient et sont violemment réprimées par les forces de l’ordre : près de 400 manifestants et 25 journalistes sont arrêtés dans plusieurs villes de Biélorussie. Quatre membres de l’opposition, ex-candidats à l’élection présidentielle de 2010, sont condamnés à plusieurs années de prison après avoir été reconnus coupables d'organisation de « troubles massifs ». Les États-Unis et l’Union européenne imposent de nouvelles sanctions à l’encontre du régime autoritaire d'Aleksandr Loukachenko.

Semblant craindre une contagion des événements qui se sont produits en 2010-2011 dans le monde arabe et qui ont conduit au renversement de plusieurs gouvernements autoritaires, le président biélorusse promet, en janvier 2012, la progressive mise en place de réformes politiques. Cette annonce intervient toutefois après l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation renforcer le contrôle de l’accès à Internet dans le pays et à prévenir l’organisation de nouvelles manifestations..

Les élections organisées en octobre, boycottées par les deux principaux partis d’opposition, n’apportent aucun changement notable. Privilégiant un resserrement des relations avec Moscou notamment par une intensification des échanges commerciaux au sein de l’Union douanière réunissant la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan, il déclare pourtant être prêt (décembre 2013) à normaliser ses relations avec l’UE. D’autant que les relations étroites avec Moscou se crispent à la suite de l’annexion de la Crimée et des tensions en Ukraine. Affichant sa volonté d’apaisement en offrant ses bons offices au plus fort de la crise ukrainienne en 2014 et en libérant les prisonniers politiques, il est réélu pour un cinquième mandat en octobre 2015.

Pour en savoir plus, voir l'article Biélorussie.