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Jean-Joseph Languet de Gergy

Prélat et écrivain français (Dijon 1677-Sens 1753).

Fils d'un procureur général au parlement, il bénéficia de la protection de Bossuet, qui l'introduisit à la Cour et lui fit obtenir en 1702 la place d'aumônier de la Dauphine, duchesse de Bourgogne, puis l'évêché de Soissons (1715). Le régent l'appela au Conseil de conscience et le nomma abbé commendataire de plusieurs abbayes, dont celle de Saint-Just-en-Chaussée.

La lutte contre le jansénisme fut la grande affaire de sa vie. Partisan déterminé de la bulle Unigenitus, il fut à l'origine de la réunion d'un concile de treize évêques qui condamna les thèses de Jean Soanen, évêque de Sénez, puis batailla pour obtenir l'annulation d'une consultation du parlement de Paris qui s'était élevé en faveur du prélat condamné.

L'ardeur qu'il mit à combattre les jansénistes le désignant bientôt aux yeux de ces derniers comme un adversaire privilégié, sa flamme polémique trouva rapidement un nouvel aliment dans cette hostilité : à plusieurs reprises, le parlement attaqua ses écrits, en censura quelques-uns, et le condamna même à vingt mille livres d'amende pour une lettre qu'il avait avouée. Le Régent, cependant, défendit qu'on lui signifiât cet arrêt.

La célébrité que Languet s'était acquise dans le cours de ces controverses lui ouvrit les portes de l'Académie française, où il fut reçu en 1721. Par la suite, il y exerça une influence très active en faveur du parti religieux contre celui des philosophes, et il y combattit fougueusement les candidatures de Montesquieu et de Voltaire.

En 1730, il prit possession de l'archevêché de Sens. Deux de ses suffragants, l'évêque d'Auxerre et l'évêque de Troyes, s'étant prononcés contre la bulle Unigenitus, trouvèrent en lui une opposition ferme à leurs opinions, et de longs démêlés s'élevèrent entre les trois prélats.

Son zèle à combattre le jansénisme ne se limitant pas à l'influence que les partisans de cette doctrine pouvaient chercher avoir en France, il attaqua en 1745, avec la même fougue, l'ouvrage d'un théologien romain, Giovanni Lorenzo Berti, sur la doctrine de la grâce chez saint Augustin. Celui-ci ayant répondu par un Augustinianum Systema de Gratia (Rome, 1747), il s'ensuivit une nouvelle polémique à laquelle le pape Benoît XIV mit un terme en désavouant les attaques de Languet et en déclarant parfaitement saine la doctrine du théologien italien.

En 1750, Louis XV l'appela au Conseil d'État.

Outre ses très nombreux écrits de polémique et de controverse religieuse, Languet de Gergy est l'auteur d'une Vie de la mère Marie Alacoque, d'un Office de la semaine sainte, avec réflexions et méditations, dédiées à la reine pour l'usage de sa maison, et de plusieurs catéchismes (Catéchisme du diocèse de Sens, 1735) et traités de théologie (Traité de la confiance en la miséricorde de Dieu, 1718 ; Traité de l'esprit de l'Église dans les cérémonies, etc.)