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Matthias Langhoff

Metteur en scène de théâtre français d'origine allemande (Zurich 1941).

Allemand né en Suisse en raison de l’exil de son père libéré d’un camp de concentration où il avait été interné pour son appartenance au Parti communiste, il regagne avec sa famille l’Allemagne en 1945. En raison de la partition du pays, il devient citoyen de la République démocratique allemande. À dix-huit ans, il obtient un diplôme de maçon mais, à vingt ans, entre à Berlin-Est au Berliner Ensemble comme comédien. Avec Manfred Karge, dont il fit la connaissance dans ce théâtre, il se consacre tôt à la mise en scène. Le tandem Karge-Langhoff monte alors, pendant une vingtaine d’années, des spectacles remarqués dans les deux Allemagne et dans de nombreuses villes d’Europe pour leur nouveauté fondée sur un éclairage brutal et violent de l’Histoire. Ainsi, en 1984, leur vision du Prince de Hombourg de Kleist au Festival d’Avignon surprend-elle par la violence de sa dénonciation de l’idéologie militaire.

Les deux artistes se séparent en 1985. S’étant d’abord exilé en Suisse, Langhoff s’installe en France où il obtient la nationalité française en 1995. Il poursuit son style provocateur et dynamique qui rompt avec les conventions, relie les classiques à l’actualité en multipliant les références entre hier et aujourd’hui, refuse le bon goût en cultivant la brutalité du jeu et en créant souvent lui-même des scénographies complexes où se superposent les différents niveaux, les images réelles et virtuelles, les objets les plus hétéroclites. Son art baroque s’adapte particulièrement au théâtre critique d’Heiner Müller (la Misssion, 1989 ; Quartett, 2007), aux tragédies de Shakespeare (Richard III Matériau Shakespeare, 1995), au théâtre antique (les Troyennes, 1997), à de grandes fresques de Brecht, O’Neill ou de Tchekhov.

Moins demandé à présent par les directeurs de théâtre français, sans doute parce que ses réalisations exigent des budgets importants, Langhoff continue à monter des spectacles à travers l’Europe, fidèle à un principe de la mise en cause esthétique et politique permanente. « Le vrai sens du théâtre, affirmait-il le 2 mars 1992 dans les Échos, c’est la controverse. Si le théâtre ne déplace rien dans la tête, à quoi sert-il ? »