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Régis Jauffret

Écrivain français (Marseille 1955).

Échappé d’une éducation jésuite, le jeune Régis Jauffret, enfant unique né dans une famille bourgeoise, se découvre une véritable passion pour la littérature, notamment à travers les œuvres de Virginia Woolf et de Marcel Proust, dont la perception du réel passe par le prisme de la subjectivité, de l’étude des secrets de l’âme. Fin observateur de ses contemporains et de sa ville natale, « une ville tragique », dans laquelle il a « puisé [s]on imaginaire et ce rapport non conformiste avec la langue », il fait alors « de la photo sans appareil, [regarde] les gens et [imagine] des histoires ». L’écriture s’impose doucement à lui, comme une évidence pour retranscrire cette perception du monde qui l’entoure. Il écrit d’abord des pièces radiophoniques, des articles pour Tel Quel, avant de publier son premier ouvrage en 1985, les Gouttes, une pièce en un acte, bientôt suivie de romans aux formes variées (Sur un tableau noir, 1993 ; Stricte intimité, 1996).

Cruel, acerbe, cynique, satirique : tels sont les adjectifs souvent associés à l’œuvre de Régis Jauffret. Pourtant, minimisant sa réputation de « Bacon des cerveaux déglingués », l’écrivain assume le regard désespéré et noir de son écriture, qu’il pose comme un miroir de la noirceur et la désespérance de la vie et du monde actuels qui broient les hommes. Viol (Histoire d'amour, 1998), infanticide et démence (Clémence Picot, 1999), errance (Promenade, 2001), ennui (Univers, univers, prix Décembre, 2003), famille et vacuité de l’existence (Asiles de fous, prix Femina, 2005), suicide (Lacrimosa, 2008), ou mille et une bassesses humaines (Microfictions, prix France Culture/Télérama, 2007) sont en effet au cœur de son œuvre. Mais celle-ci n’est pas seulement pétrie de cette vision dure et angoissante, elle est aussi, à l’image de l’écriture de Régis Jauffret, jubilatoire, tantôt mordante, tantôt tendre, questionnant sans cesse l’humanité et parfois même le rôle de la littérature et de l’écrivain (« l’écrivassier » de Lacrimosa).