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Willi Hennig

Biologiste allemand (Dürrhennersdorf, près de Löbau, haute Lusace, 1913-Ludwigsburg 1976).

Il est le fondateur du cladisme, méthode de classification des êtres vivants qui a profondément modifié la systématique moderne.

Willi Hennig se spécialise de bonne heure dans l'étude des diptères – insectes à une seule paire d'ailes – et sa thèse de doctorat, soutenue en 1936 à l'université de Leipzig, porte sur les organes copulateurs de certains d'entre eux, les cycloraphes (sous-ordre renfermant notamment la plupart des mouches). Attaché à l'Institut d'entomologie de Berlin, il poursuit ses recherches sur les diptères et réfléchit aux problèmes que pose, d'une façon générale, la classification des insectes. La guerre interrompt ses travaux ; il est fait prisonnier à la fin du conflit et élabore, dans une chambre d'hôtel où il est détenu, les thèses connues plus tard sous le nom de « principe de Hennig », qu'il développe dans sa Systématique phylogénétique. Après la guerre, il réintègre l'Institut d'entomologie de Berlin. En 1962, il quitte l'Allemagne de l'Est pour des raisons politiques. De 1963 à sa mort, il dirige le département de phylogénie de Ludwigsburg, près de Stuttgart.

En 1950, la parution en Allemagne des Fondements d'une théorie sur la systématique phylogénique passe presque totalement inaperçue. Il faudra attendre la parution de l'édition anglaise du livre, en 1966, pour que commencent à être connues les thèses exposées par l'auteur. Willi Hennig préconise une méthode novatrice pour élucider la phylogénie – c'est-à-dire la succession des espèces – de tous les êtres vivants, et établir des classifications reflétant cette phylogénie. On appelle aujourd'hui cette méthode cladisme (de clados, « branche ») ou cladistique.

Jusqu'alors, pour établir des classifications d'êtres vivants, les zoologistes se basaient uniquement sur des rapports de ressemblance et assuraient que les animaux se ressemblant beaucoup étaient forcément proches parents. Cependant, les ressemblances peuvent être trompeuses : chez les insectes à métamorphose complète, une classification fondée sur elles aboutit, comme l'a souligné Hennig, à des groupements différents selon que l'on considère, de façon indépendante, les caractères des larves, ceux des nymphes ou ceux des adultes. Pourtant, les trois états ne correspondent qu'à un seul individu dont l'histoire généalogique est unique. D'où l'idée de privilégier cette histoire au détriment des seules ressemblances d'aspect qui ont, dans le passé, égaré bien des spécialistes. Basée sur la théorie de l'évolution, l'analyse cladistique consiste à établir les relations de parenté entre les espèces et à déterminer l'ancienneté des divergences de lignées. La classification se ramène à une succession de points de branchement. Mais, pour l'établir, il faut examiner de façon détaillée tous les caractères des espèces étudiées, décrire et expliquer les changements survenus dans les formes, les comportements, les modes de vie, la distribution géographique au cours des temps géologiques.