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Richard B. Goldschmidt

Biologiste américain d'origine allemande (Francfort-sur-le-Main 1878-Berkeley, Californie, 1958).

Après avoir acquis lors de ses études universitaires une solide formation de zoologiste, il axe ses premières recherches, dans les années 1900, sur des problèmes de morphologie animale. Il contribue à mettre en évidence et à expliquer le phénomène de la constance cellulaire chez les nématodes, ou vers ronds. Il étudie également les céphalocordés. Ces animaux, qui ressemblent à des poissons, sont les ancêtres primitifs des vertébrés. On pensait jusqu'alors qu'ils ne possédaient pas de tissu conjonctif. Goldschmidt va réussir à découvrir un tel tissu chez leur représentant le plus connu, l'Amphioxus.

R. Goldschmidt cesse ensuite définitivement de regarder ce qui se passe dans l'eau pour s'intéresser aux papillons. Vers 1906, il commence à travailler sur le bombyx moine, ou Lymantria monacha, car il veut étudier ce qu'on appelle le mélanisme industriel : dans les régions industrielles, des papillons de couleur foncée ont tendance à remplacer le type normal, de couleur claire. La théorie la plus communément admise était que les papillons sont moins bien repérés par les oiseaux, leurs prédateurs naturels, si leur couleur se confond avec celle des supports verticaux noircis par les fumées (murs, troncs d'arbres des villes,...) sur lesquels ils se posent. Aussi, les mutants mélaniques, c'est-à-dire les individus ayant subi une mutation qui s'est traduite par une livrée de couleur sombre, sont-ils avantagés par la sélection naturelle et supplantent-ils les autres. R. Goldschmidt, lui, propose un scénario un peu différent : la valeur adaptative de la couleur noire ne proviendrait pas directement de la nécessité de se dissimuler aux yeux des prédateurs, mais d'un changement métabolique qui permettrait aux chenilles de se nourrir de plantes contenant des sels métalliques.

Entre 1911 et 1920, le chercheur effectue des expériences qui l'amènent à découvrir le phénomène de l'intersexualité. Ce terme définit la condition d'un individu qui a commencé son développement dans le sens de son sexe génotypique, c'est-à-dire celui résultant de l'information contenue dans ses gènes, puis a acquis en cours de développement les caractères de l'autre sexe. En soumettant la chenille du bombyx disparate (Lymantria dispar) à des variations de température et à d'autres modifications du milieu, Goldschmidt obtient à volonté de telles inversions des caractères sexuels. Il établit que l'intersexualité est d'autant plus intense que le moment de l'inversion est plus précoce.

Passionné par les problèmes d'évolution, il est l'un des premiers à démontrer la valeur des techniques génétiques pour l'étude expérimentale de ces problèmes. De 1918 à 1933, il réalise de nombreux croisements entre des bombyx disparates originaires tant d'Europe que d'Extrême-Orient (races géographiques différentes d'une même espèce). Après avoir partagé les idées des néodarwiniens, pour lesquels une race géographique correspond à une espèce en train de naître, il change progressivement d'avis. Selon lui, les variations géographiques à l'intérieur d'une espèce donnée ne peuvent en aucun cas déboucher sur une évolution véritable. Celle-ci ne saurait être due à l'« accumulation de micromutations », mais les nouvelles espèces résulteraient de l'apparition de « macromutants », appelés aussi par lui des « monstres prometteurs », qui, dans des cas très rares, affecteraient le processus embryonnaire à ses débuts.

À la fin des années 1920, Goldschmidt commence à abandonner les papillons pour ses recherches génétiques et il se tourne vers la drosophile. Il découvre alors les phénocopies, des modifications somatiques, non héréditaires, dues à l'influence du milieu, comme des changements brutaux de température, et dont les manifestations sont analogues à celles des mutations.