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Conrad Gesner

Naturaliste et médecin suisse (Zurich 1516-Zurich 1565).

C'est peut-être dans la boutique de son père, marchand fourreur à Zurich, que Conrad Gesner commence à s'intéresser aux animaux. Un grand-oncle pasteur lui donne une formation littéraire et lui communique l'amour des plantes. Après la mort de son père (tué à la bataille de Kappel, en 1531), le jeune homme passe l'année 1532 à Strasbourg, où il étudie l'hébreu et les textes bibliques, ainsi que la philosophie. On le retrouve en 1533 à Bourges. Il y commence sa médecine mais, au bout de quelques mois, il part pour Paris. Il a alors dix-huit ans et continue à s'instruire avec frénésie en dévorant tous les livres qui lui tombent sous la main. Les persécutions religieuses l'incitent bientôt à regagner Zurich, où il se marie en 1536 (une union qui ne sera pas heureuse). Après un séjour à Bâle, il enseigne pendant trois ans les lettres grecques à la toute nouvelle académie de Lausanne. En 1540-1541, il suit à Montpellier les cours de deux grands zoologistes, Guillaume Rondelet et Pierre Belon, lequel, plus tard, lui fournit une grande partie des matériaux pour son livre sur les poissons. Devenu docteur en médecine à Bâle, Gesner vient s'établir définitivement à Zurich en 1542. N'ayant guère de malades, car il est trop jeune et peu connu, il vit grâce à un poste de professeur, et occupe ses loisirs à la recherche et à l'écriture.

Après un dictionnaire gréco-latin, il publie, pêle-mêle, deux traités de médecine, un catalogue des noms de plantes en quatre langues et un petit livre sur le lait et les produits laitiers, dans lequel il vante la beauté des montagnes suisses. La Bibliothèque universelle, premier grand ouvrage de bibliographie lui demande trois ans de labeur intensif. Pourtant, Gesner trouve le temps d'effectuer quelques voyages à l'étranger, et collectionne des spécimens d'animaux, de plantes, de fossiles et de minéraux, qu'il expose dans son « musée ». Après 1546, il ne quitte plus guère Zurich. Surmené, il tombe gravement malade en 1552. Il se rétablit, mais il a vieilli brutalement de vingt ans. Son Histoire des animaux, publiée à partir de 1551, lui coûte beaucoup d'efforts et le ruine presque : il dessine en effet lui-même et fait graver à ses frais la plupart des figures. Il continue parallèlement à écrire d'autres ouvrages, parmi lesquels un livre sur les procédés de distillation et un autre sur les eaux minérales, des commentaires philosophiques d'Aristote, des dictionnaires… En 1564, il est anobli par l'empereur Ferdinand Ier. La même année, la peste touche Zurich. Gesner soigne avec dévouement ses amis qui en sont atteints. Il rédige un traité sur la terrible maladie, à laquelle il succombe lui-même en décembre 1565. Il n'avait pas encore cinquante ans, mais laissait une œuvre considérable.

Cet étonnant érudit, doté d'une énorme puissance de travail, a imprimé une impulsion vigoureuse aux sciences naturelles. Son Histoire des Animaux a servi de base à la plupart des traités de zoologie pendant près de deux siècles. En botanique, il a introduit la notion de genre et insisté sur la valeur des caractères de la fleur et du fruit dans la classification.

Le premier vétérinaire ?

Le premier vétérinaire ?



L'Histoire des animaux de Gesner comprend cinq volumes : le premier traite des quadrupèdes vivipares ; le deuxième, des quadrupèdes ovipares ; le troisième, des oiseaux ; le quatrième, des poissons et autres animaux aquatiques ; le cinquième, publié en 1587, après la mort de l'auteur, porte sur les serpents. Gesner avait en projet un sixième livre, sur les insectes. L'Histoire des animaux est restée la base de presque tous les traités de zoologie publiés jusque vers le milieu du XVIIIe siecle Certes, on y trouve encore mention de quelques animaux fabuleux dans la meilleure tradition de l'Antiquité et du Moyen Âge, mais la plupart des renseignements fournis sont fiables. Gesner, qui s'intéressait à la physiologie et à la pathologie animales, est considéré par certains comme le fondateur de la science vétérinaire.