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Joseph Paul Gaimard

Naturaliste et médecin français (Saint-Zacharie, Var, 1796-Paris 1858).

L'attrait qu'il éprouve pour les rivages lointains le pousse à entrer, après ses études secondaires, à l'école de médecine navale de Toulon. Il en sort en 1816 chirurgien de troisième classe de la marine royale. Un an plus tard, il est engagé comme adjoint de Jean René Quoy, chirurgien major et zoologiste de l'expédition dirigée par Louis Claude de Freycinet. Cette expédition est surtout chargée de compléter les résultats des grands voyages de découverte du siècle précédent.

Avec ses compagnons, Gaimard embarque à bord de l'Uranie, qui quitte Toulon en septembre 1817. Il vit une aventure passionnante et fait quantité d'observations zoologiques du plus haut intérêt. Dans les environs de Rio de Janeiro, les naturalistes se procurent plusieurs animaux vivants, notamment un coati et un paresseux, qu'ils ramènent sur le bateau. Ils collectent également quelque deux cents papillons. Durant la traversée de l'Atlantique, Gaimard s'intéresse aux albatros géants. Il en abat quelques-uns, examine le contenu de leur estomac et a la surprise de n'y découvrir que des seiches et des calmars. Sur la côte ouest de l'Australie, les voyageurs capturent plusieurs marsupiaux, jusque-là inconnus, et des perruches aux couleurs éclatantes. De Timor, ils ramènent un grand cerf au pelage sombre, le sambar de la Sonde ; ils découvrent aussi, dans une rivière de l'île, un curieux poisson aux yeux saillants, qu'ils baptisent « périophtalme de Freycinet ». Dans l'archipel des Moluques, Gaimard fait une autre découverte, celle d'un gros volatile terrestre de la taille d'une poule, auquel il donne le nom de mégapode. En Nouvelle-Galles du Sud (ouest de l'Australie), les deux zoologistes s'emparent de quelques espèces rares d'oiseaux, dont le cassican flûteur (un passereau), qui sera lui aussi ramené en France.

Aux Malouines, en février 1820, l'Uranie heurte un rocher et le navire doit être abandonné. Les membres de l'expédition reviennent en France sur un autre bâtiment, acheté sur place et baptisé la Physicienne. Malgré la perte de dix-huit caisses lors du naufrage, les naturalistes fournissent au Muséum de Paris une riche moisson scientifique. Ils ne rapportent pas moins de vingt-cinq espèces de mammifères, dont quatre jusqu'alors inconnues, trois cent treize espèces d'oiseaux, quarante-cinq de reptiles, cent vingt de poissons et nombre d'insectes et d'invertébrés marins.

Nommé, en 1825, médecin de première classe de la marine, Gaimard participe, toujours avec Quoy, à un tout autre voyage autour du monde, celui de Jules Dumont d'Urville, commandant de l'Astrolabe. Pendant ce voyage, qui dure de 1826 à 1829, ils collectent encore de nombreuses espèces d'animaux, et ils reçoivent à leur retour les félicitations du naturaliste Georges Cuvier. Bien qu'il soit revenu très fatigué (il a contracté les fièvres dans l'île de Vanikoro, où l'expédition recherchait des traces du naufrage de La Pérouse en 1788), Gaimard ne reste pas longtemps à Paris. Il fait partie de la mission envoyée en 1831-1832 en Estonie, en Pologne et en Russie pour lutter contre le choléra. En 1835, on le retrouve à bord du navire la Recherche : il effectue un voyage scientifique en Islande et dans les mers polaires. Devenu, l'année suivante, président de la Commission scientifique d'Islande, il repart en 1838 pour une mission qui le conduit en Scandinavie, en Laponie, au Spitzberg – où il réalise une première en observant l'île depuis un ballon captif – et aux îles Féroé.

Les dernières années de la vie de Gaimard sont mal connues. Il meurt le 10 décembre 1858. Très pauvre, il est enterré aux frais de l'État.