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William John, dit Bill Evans

Pianiste et compositeur de jazz américain (Plainfield, New Jersey, 1929-New York 1980).

Il fonda au début des années 1960 un trio avec le contrebassiste Scott Lafaro et le batteur Paul Motian dont la composition, reposant sur le principe d'un échange constant entre la basse, la batterie et le piano, eut une influence considérable sur les pianistes des années 1960 et 1970. Parmi ses enregistrements, citons Sunday at the Village Vanguard (1961), avec Scott Lafaro et Paul Motian , At the Montreux Jazz Festival (1968), the Paris Concert (1979).

À partir de 1960, il s'est passé avec Bill Evans la même chose qu'avec Bud Powell : tous deux ont été les pianistes les plus influents de leur génération ; et bien au-delà pour Bill, puisqu'il est toujours un modèle, une référence.

Créateur d'une esthétique plutôt que d'un style, il a profondément modifié l'harmonie, le phrasé et les conceptions rythmiques de l'instrument, renouvelé l'art pianistique à un tel niveau qu'il a supprimé la notion de catégorie musicale. Musicien d'une sensibilité aiguë, introspectif, lyriquement grave, au « feeling » parfois bouleversant, au toucher nuancé, « classique », il transforme les standards qu'il affectionne et interprète si souvent par une façon d'organiser les notes d'un accord (voicing) ou de suites d'accord imperceptiblement arpégés, qui fait surgir « un swing au-delà du swing ». Contrairement aux pianistes qui se servent de leur main gauche comme support rythmique ou harmonique, il allège le jeu de celle-ci, l'utilisant pour ponctuer le dessin mélodique qu'il développe de la main droite en employant des renversements d'accords, ce qui donne des teintes harmoniques variées. Son répertoire est presque exclusivement composé de standards avec une prédilection pour les valses, dont certaines de son cru.

C'est au Village Vanguard à New York, en juin 1961, qu'il grave, en compagnie du contrebassiste Scott LaFaro et de Paul Motian à la batterie, des chefs-d'œuvre qui illustrent ses conceptions du trio piano- contrebasse- batterie : une conversation tripartie où chacun possède un rôle équivalent.

Le trio, un des plus célèbres du jazz, se reforme après la mort de LaFaro, atteignant d'autres sommets avec les contrebassistes Chuck Israels, Eddie Gomez, Marc Johnson et les batteurs Jack DeJohnette, Marty Morell, Eliott Zigmund et Joe LaBarbera. Aimant particulièrement jouer en solo, Bill Evans improvisera à deux ou trois pianos (acoustique, voire électrique) par le biais du multirecording dans plusieurs « conversations avec lui-même ».

Ses dernières prestations en trio (Paris en 1979, Londres et San Francisco en 1980) représentent un des sommets de son art dans la sublimation de la mélodie à travers les thèmes qu'il affectionnait explorer sans cesse.

Objet d'un véritable culte de la part des musiciens comme des amateurs, il aura influencé nombre de ses confrères. Une Académie de piano porte son nom à Paris.