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Douceline

Béguine à Hyères (Digne vers 1214-Marseille 1274).

Née dans une famille de marchands, Douceline était la sœur d'Hugues de Digne (mort en 1256), qui fut une des grandes figures de l'ordre franciscain vers le milieu du xiiie siècle et l'un des principaux représentants en Provence du courant joachimite. Sous son influence, Douceline fonda à Hyères un établissement de béguines, désigné sous le nom de Dames-de-Roubaud, qui essaimèrent ensuite à Marseille et à Aix.

La Vie de Douceline a été rédigée en provençal en 1297 par une de ses disciples, Philippine de Porcellet, et complétée ensuite en 1315. Elle se caractérise par l'importante place qu'y occupent les phénomènes mystiques, décrits avec un luxe de précisions remarquable : extases, lévitations, manifestations d'insensibilité et de rigidité corporelle pendant ses moments de « rapt spirituel » lui valurent une grande célébrité dans la région et une réputation bien établie de sainteté.

Sa mort, survenue à Marseille en 1274, fut suivie de scènes de délire collectif au cours desquelles la population chercha à s'emparer de vêtements lui ayant appartenu ou de tout ce qui pouvait tenir lieu de reliques, et divers miracles ne tardèrent pas à se produire à son tombeau. En 1275, son corps fut transféré dans l'église des Frères mineurs de Marseille, où elle reposa à côté de son frère Hugues. Mais le culte ne déborda pas le cadre de la Provence et demeura fort modeste. Il ne semble pas avoir survécu à la disparition de l'institut qu'elle avait fondé, qui, après avoir connu une première crise vers 1320, lorsque le pape Jean XXII prit des mesures contre les béguines soupçonnées d'hérésie, s'éteignit définitivement au début du xve siècle.