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William Borsay, dit Willy DeVille

Auteur-compositeur-interprète de rock et de soul américain (New York 1953-New York 2009).

Chevelure corbeau balayant un col à jabot, redingote et boots cloutés plus effilés que le museau d'un avion Jaguar. Mélange d'hidalgo altier et de mousquetaire râpé, Errol Flynn déguisé en Capitaine Crochet. Une silhouette désormais familière des Français. Car Willy DeVille nous aime et on le lui rend bien : c'est normal, il est le plus grand admirateur américain de notre Édith Piaf….

Dandy. S'il fait partie, aujourd'hui, des attractions de La Nouvelle-Orléans, Willy le flibustier est né à New York. C'est là, dans le Spanish Harlem de Manhattan, qu'il a grandi, entre musique afro-cubaine et rock urbain. Des influences dont il fera plus tard la synthèse dans une musique qu'il appelle le « pachuco rock » et que d'autres désignent sous le label soul-punk. Auparavant, William a chanté le blues et la soul sous divers pseudonymes, comme Billy De Sade And The Marquis ou The Young Savages. Mais c'est avec Mink DeVille (« mink » signifiant « vison » …), un orchestre pilier du CBGB's, le mythique club new-yorkais, que le grand Willy va faire ses premières armes discographiques. Le groupe s'organise autour de Lous X. Erlanger (guitare), Ruben Siguenza (basse) et Thomas R. Allen (batterie). En 1977, l'album Cabretta (produit par Jack Nitsche) révèle un chanteur à la voix rauque, une sorte de dandy latino famélique et sensuel, entre musique noire, salsa et rock and roll. Mais le succès demeure modeste, malgré un petit hit, Spanish Stroll et un album publié dans la foulée, Return To Magenta (1978). C'est à Paris, sa ville fétiche, que notre d'Artagnan chicano enregistre l'album suivant, le Chat bleu, mélange de rock et de gouaille à la Mistinguett, sur des arrangements de Jean-Claude Petit.

La Môme. À l'époque, il s'affiche avec Charles Dumont, l'un des paroliers de Piaf, et affirme à qui veut l'entendre qu'« Édith a d'avantage bouleversé [sa] vie qu'Elvis… ». L'échec du disque signera le début d'une période erratique. Changeant sans cesse de compagnie et de musiciens, en proie à des problèmes de drogue, Willy le pirate oscillera au gré de galères et d'albums inégaux (avec une mention spéciale pour Miracle, en 1987, produit et accompagné à la guitare par Mark Knopfler). Mais toujours marqué par cette voix torride, gorgée de sensualité et d'émotion, DeVille est un des rares chanteurs blancs à pouvoir interpréter le classique Stand By Me de Ben E. King sans se couvrir de ridicule. Willy devra attendre les années 1990, avec une autre reprise, l'inattendu Hey Joe d'Hendrix parfumé à la sauce mariachi, pour décrocher son premier véritable tube. Réfugié à La Nouvelle-Orléans, notre homme puise désormais dans le riche répertoire local. Avec des albums comme Back Streets Of Desire ou Loup Garou (1995), accompagné de musiciens locaux comme Dr John ou Allen Toussaint, Willy le pirate semble être arrivé à bon port.