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Daniel Danis

Dramaturge canadien de langue française (Rouyn-Noranda 1962).

Après des études à Chicoutimi axées sur l’étude du théâtre, de la danse et des arts, il écrit en 1993 sa première pièce, Celle-là, qui est montée avec succès à Montréal puis, l’année suivante, avec un accueil aussi favorable, à Paris, dans une mise en scène d’Alain Françon : ce dialogue douloureux entre une mère, un fils et un vieil homme rejoint un certain théâtre québécois du mal-être, tel que l’ont illustré avant lui, dans des styles différents, Michel Marc Bouchard ou Marie Laberge.

Dans ses pièces suivantes, Daniel Danis met en place un langage et un univers encore plus personnels et originaux. Tout en partant de la réalité quotidienne, il imagine des fables où les relations des personnages sont en résonance avec de grands conflits mythiques ou cosmiques tels qu’ont pu les conter les récits originels amérindiens et africains. En même temps, il donne à ses personnages un parler à la fois poétique et proche du langage heurté et cru de certaines jeunes générations.

Dans Cendres de cailloux (1992), quatre révoltés déchiquètent le ciel et la terre. Dans le Chant du dire-dire (1996), des orphelins luttent ensemble contre leur sentiment d’abandon et écoutent un objet qui parle, le « dire-dire ». Dans le Langue-à-langue des chiens de roche (2001), une communauté de jeunes habitant une île comble son déficit d’amour avec l’expression violente de leur fureur et un langage de plus en plus distordu qui se transforme, dans la dernière scène, en aboiements. e[un roman dit] (2005) et Terre océane (2007) sont des histoires légendaires centrées sur le destin d’un enfant providentiel, pour la première pièce, et sur le pouvoir magique d’un chamane, dans la seconde.

Cependant, à partir de 2002, installé au Saguenay et voyageant d’un pays francophone à l’autre, Danis entreprend l’élargissement du langage théâtral par l’utilisation de techniques du son et de l’image qui deviennent les partenaires de l’acteur : ainsi, la Trilogie des flous (2008) est définie comme une « création poético-performantielle » et Kiwi (2008), histoire d’une jeune fille survivant parmi les exclus de la vie sociale, comme un « théâtre/film » dont les acteurs sont filmés en direct, tantôt invisibles derrière l’écran, tantôt au premier plan de la scène.

Daniel Danis a également beaucoup écrit pour le jeune public, amplifiant dans ce registre un message de réconciliation entre les hommes, présent ou sous-jacent dans tous ses écrits (le Pont de pierre et la Peau d’images, 1996 ; Bled, 2009). Il est le seul auteur de théâtre de son pays à avoir obtenu trois fois – en 1993, 2002 et 2007 – le prestigieux Prix du gouverneur général du Canada.