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Philibert Commerson

Le petit martin-pêcheur
Le petit martin-pêcheur

Naturaliste français (Châtillon-les-Dombes, aujourd'hui Châtillon-sur-Chalaronne1727-île de France, aujourd'hui île Maurice, 1773).

Fils d'un notaire, conseiller du prince de Dombes, il étudie d'abord la médecine à la faculté de Montpellier, où il se fait remarquer, non seulement par ses frasques d'étudiant turbulent – il est grand buveur, amateur de femmes et bagarreur –, mais aussi par sa passion frénétique pour la botanique. Pourvu du titre de docteur en 1754, il étudie la flore du Languedoc. Il s’intéresse également à l’ichtyologie et, à la demande de Linné, avec qui il correspond, il établit, à l'intention de la reine de Suède, une description des principales espèces de poissons de la Méditerranée. Son étude, précise et détaillée, lui vaudra la considération des milieux scientifiques et sera utilisée plus tard par Lacepède dans son Histoire naturelle des poissons.

En 1755, Commerson herborise en Savoie, puis se rend en Suisse où il rencontre le célèbre biologiste et botaniste Albrecht von Haller, ainsi que Voltaire. De retour en 1758 dans sa ville natale, il y crée un petit jardin botanique, qu'il enrichit à la faveur de ses nombreuses excursions à travers la France.. En 1760, il se marie, mais sa jeune femme, dont il est très épris, mourra deux ans plus tard en donnant le jour à un fils. Le chagrin qu'il éprouve l'amène à quitter la province pour s'installer en 1764 à Paris, où plusieurs membres influents de l'Académie des sciences, comme Jérôme de Lalande ou Bernard de Jussieu, lui apportent appui et réconfort. Grâce à eux, il obtient de partir, en tant que naturaliste, avec Bougainville qui prépare une expédition dans les terres australes. Celle-ci va lui permettre de récolter, dessiner et décrire de nombreuses espèces animales et végétales inconnues en Europe..

Il embarque au début de 1767, avec un valet, à bord de l'Étoile, l'un des deux voiliers de l'expédition. À l'escale de Rio de Janeiro, où l'Étoile est rejointe par la Boudeuse, la frégate de Bougainville, Commerson s'extasie devant la richesse de la nature : « Cette contrée est la plus belle de l'univers », écrit-il avec sa fougue habituelle. Au Brésil, il découvre notamment la bougainvillée. Après le Río de la Plata, il atteint les îles Malouines, le détroit de Magellan, la Patagonie, puis Tahiti, alors appelée Nouvelle-Cythère. Là, il a quelques ennuis : les Tahitiens s'aperçoivent que son fidèle valet, qui herborise avec lui, est en réalité une femme, travestie en homme : sa compagne Jeanne Barret (ou Baret) [1840-1807]. Bougainville pardonne aux deux complices et se contente de les séparer durant le reste de la traversée.

Poursuivant sa route, l'expédition arrive en novembre 1768 à l'île de France (aujourd'hui île Maurice) où un ordre du roi attend Commerson : il doit débarquer pour étudier la faune et la flore de cette île. Chaleureusement accueilli par l'intendant, Pierre Poivre, lui-même éminent naturaliste, il se met tout de suite au travail malgré une santé déjà bien délabrée, et il accumule les matériaux. En 1770, il se rend à Madagascar, où il poursuit pendant quatre mois ses récoltes de plantes et ses observations; l'année suivante, il gagne l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion), où il étudie les volcans.

À la fin de l'année 1771, Commerson retourne à l'île de France avec une riche collection de plantes et d'animaux. Très malade, en butte aux tracasseries du nouvel intendant de l'île, il s'éteint en mars 1773, à 46 ans, avec, à ses côtés, la seule Jeanne Barret, la première femme à avoir fait le tour du monde, grâce à lui. Après sa mort, 32 caisses contenant des manuscrits, des dessins, son herbier (riche de 3 000 espèces ou genres nouveaux) et l'ensemble de ses collections seront envoyées au Jardin du Roi, à Paris (ancêtre du Muséum national d'histoire naturelle) où elles seront conservées.