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Vase de Soissons

Clovis III

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Clovis Ier (en français Louis)
ou Chlodovecus Ier (en français Louis)

(vers 465-Paris 511), roi des Francs (481 ou 482-511).

Cet article fait partie du DOSSIER consacré aux invasions et du DOSSIER consacré au Moyen Âge.

 Le règne du Mérovingien

 Les premières conquêtes
Clovis est le fils de la Thuringienne Basina et du roi Childéric Ier, qui ne semble avoir régné que sur les Francs Saliens établis dans la région de Tournai, alors que ceux de Thérouanne et de Cambrai reconnaissaient l'autorité respective de Chararicus et Ragnacharius (probablement deux parents de la famille de Clovis).
   Clovis succède à son père probablement en 481 ou en 482. Faisant preuve d'un talent politique et d'une valeur militaire incontestables malgré son jeune âge (quinze à seize ans), il entreprend d'étendre son autorité à l'ensemble de la Gaule. Partagé alors entre les royaumes alamans à l'est, burgondes au sud-est, wisigoth au sud de la Loire, son territoire n'échappe à l'emprise barbare qu'entre Somme et Loire, où « règne » le gallo-romain Syagrius (fils du général Aegidius), plus tard qualifié par les chroniqueurs de « roi des Romains ».
   
En 486, Clovis attaque ce dernier, aidé des rois saliens de Cambrai et de Thérouanne. Clovis vainc Syagrius à la bataille décisive de Soissons en 486. L'ayant contraint à se réfugier auprès du roi des Wisigoths, Alaric II, Clovis s'assure définitivement la possession de la Gaule du Nord en obtenant d'Alaric que lui soit livré Syagrius, qu'il assassine.
   Ayant acquis ainsi un prestige exceptionnel, Clovis retourne sans doute peu après ses armes contre son allié Ragnacharius, et probablement aussi contre les autres rois saliens, afin de s'assurer le contrôle exclusif des territoires conquis – encore que l'historien Ludwig Schmidt, se fondant sur la chronologie controversée que Grégoire de Tours a établie, situe leur élimination entre 508 et 511.
   Disposant de moyens militaires renforcés, Clovis mène ensuite de victorieuses campagnes contre les Thuringiens, dont il ne soumet que le rameau cisrhénan, en 491, puis contre les Alamans, dont il affaiblit la résistance en 495 et/ou en 505-506 au cours de diverses batailles (dont aucune, contrairement à l'idée répandue, ne se situe à Tolbiac). Ces opérations préparent l'établissement, par ses successeurs, du protectorat franc sur la Germanie.

 La conversion au christianisme
Préparée sans doute par le mariage de Clovis (vers 493) avec la princesse Clotilde, une Burgonde chrétienne, nièce du roi Gondebaud de Lyon, la conversion de Clovis au christianisme (par son baptême à Reims) incite les évêques du royaume wisigoth à intriguer désormais avec les Francs, tels l'évêque de Rodez, Quintianus, ou les évêques de Tours, Volusianus et Verus.
   Seul roi barbare à avoir embrassé le christianisme alors que tous les autres souverains germaniques d'Occident sont adeptes de l'arianisme, Clovis bénéficie en outre de l'appui enthousiaste de l'ensemble de l'Église de Gaule.

 L'hégémonie de Clovis sur la Gaule
Clovis mobilise désormais l'essentiel de ses forces pour s'assurer le contrôle de la Gaule méridionale aux dépens des Burgondes et des Wisigoths.
   En 500-501, fort de l'appui de Godégisile, roi burgonde de Genève, Clovis repousse d'abord Gondebaud, roi burgonde de Lyon, jusque dans Avignon. C'est à la suite de l'intervention diplomatique du Wisigoth Alaric II que Clovis lève le siège de la ville contre la promesse du paiement d'un tribut ; cet accord n'empêche pas Gondebaud de se venger de Godégisile qu'il surprend et assassine à Vienne. Contraint de faire la paix avec Gondebaud vers 500, Clovis ne peut alors qu'entériner l'unification du royaume burgonde.
   Les autres opérations militaires de Clovis s'achèvent par la conquête de l'Aquitaine, contrôlée par les Wisigoths depuis trois générations.
   Renforcé par les troupes de son cousin Sigebert, roi de Cologne, Clovis bat et tue Alaric II à Vouillé, près de Poitiers, en 507. Il occupe aussitôt Bordeaux et Toulouse, mais, faute de moyens, laisse aux Wisigoths la possession de la Septimanie, et n'entame pas la conquête de la Gascogne.
   Éliminant alors par le meurtre le vieux roi de Cologne, Sigebert le Boiteux, puis son fils Chlodéric, Clovis se fait reconnaître roi par les Francs rhénans vers 509 et achève d'imposer son hégémonie aux autres peuples germaniques de la rive gauche du Rhin. En fait, maître de l'essentiel de la Gaule depuis 507, le roi franc n'a pas attendu d'avoir parachevé son œuvre de conquérant pour entreprendre l'organisation de son nouveau royaume.

 L'organisation du royaume franc
Transférant sa capitale à Paris après sa victoire à Vouillé, Clovis a l'habileté de mettre le clergé au service de sa politique de ralliement des Gallo-Romains. Il rend aussitôt la liberté à ses prisonniers liés à l'Église, et autorise les évêques à racheter celle des prisonniers laïques. Il réunit également le concile général d'Orléans au début de juillet 511. Présidé par l'évêque de Bordeaux, Cyprien, et réunissant 32 des 64 évêques vivant dans les États de Clovis, ce concile renforce l'autorité épiscopale sur les clercs séculiers et réguliers, leur interdit d'aller solliciter, sans autorisation, des bénéfices à la cour royale, et enfin, autorise les clercs ariens qui se convertiraient à conserver leur place au sein de la hiérarchie ecclésiastique.
   Ainsi, Clovis achève son règne par ce geste de suprême habileté qui scelle l'alliance des Mérovingiens et de l'Église, et jette les bases originales de l'Occident chrétien tout en fondant la nation franque.

 L'analyse historique du règne de Clovis

 Des sources parcellaires
Dénommé arbitrairement Clovis au Xe s., ce souverain aurait dû s'appeler Louis Ier, nom dont la graphie correspond à la transcription correcte en français de la forme latine Chlodovechus (ou Hludovicus), qui apparaît dans les textes latins du Ve et du VIe s.
   Ne fournissant aucun renseignement sur les années qui ont précédé l'avènement de ce souverain (465-481), ces textes sont par ailleurs d'une médiocre valeur historique. À l'exception de quelques lettres et de quelques « Vies de saints » qui n'éclairent que très partiellement l'histoire de ce règne, le seul document qui nous en offre un récit relativement cohérent et suivi est l'Historia Francorum de Grégoire de Tours. Malheureusement postérieure de près de trois quarts de siècle aux événements qu'elle décrit, et par conséquent établie à partir d'annales très sèches et de traditions orales incertaines, cette source pourtant fondamentale est difficile à utiliser en raison de ses lacunes, de ses imprécisions (fréquentes en ce qui concerne les datations et les lieux), de ses intentions enfin, l'auteur ayant moins pour objectif de relater les principaux événements du règne de Clovis que de montrer en lui l'homme providentiel que Dieu a hissé sur le trône des Francs pour en faire l'instrument de son Église.

 La question de la bataille de Tolbiac
Contrairement à une opinion largement répandue, la bataille dite « de Tolbiac » (Tolpiacum ou Tulpiacum) ne s'est pas déroulée en Alsace mais en Rhénanie, à Zülpich, à l'ouest de Bonn. Elle a opposé non les Francs Saliens mais les Francs rhénans aux Alamans, dont la progression vers le nord a alors été arrêtée, en 496, avant d'être définitivement brisée en Alsace par Clovis. L'identification de la bataille de Tolbiac avec la victoire remportée par le roi des Francs Saliens sur les Alamans est le résultat d'une confusion entretenue par le témoignage de Grégoire de Tours. Par contrecoup, il n'est plus possible de considérer le baptême de Clovis comme le résultat du vœu que ce dernier aurait fait au « dieu de Clotilde » de se convertir si celui-ci lui assurait une victoire décisive sur les Alamans à Tolbiac.

 La question du baptême de Clovis
Ainsi, fondée sur le témoignage unique de Grégoire de Tours, la croyance en l'existence d'un lien entre la victoire remportée par Clovis sur les Alamans et le baptême de ce souverain par saint Remi, évêque de Reims, est aujourd'hui contestée, à moins de croire que le roi des Francs a mené deux campagnes contre ce peuple, l'une en 495 et 496 (attestée par Grégoire de Tours) et l'autre en 505-506 (affirmée par Cassiodore).
   Deux sources anciennes complètent la documentation : une lettre par laquelle l'évêque de Vienne, saint Avit, félicite Clovis de sa conversion, qu'il situe le jour de Noël d'une année indéterminée ; une lettre de l'évêque de Trèves, saint Nizier, à la reine lombarde Clodosvinde, petite-fille du souverain, et dans laquelle son auteur rappelle que le baptême du roi des Francs aurait eu lieu après un voyage à Tours. Ce voyage ne peut avoir été effectué qu'à la faveur d'une campagne contre les Goths : une hypothèse, développée par André Van de Vyver, propose la campagne de 506-507, qui a abouti à la conquête de l'Aquitaine (conquête immédiatement postérieure à l'unique campagne menée par Clovis contre les Alamans en 506) ; une autre hypothèse parle de la campagne de 495-496, au cours de laquelle les Alamans ont finalement été battus par le roi des Francs Saliens, lequel aurait été ainsi baptisé soit le 25 décembre 497 selon Ferdinand Lot, soit le 25 décembre 498 ou le 25 décembre 499 selon Levillain.
   Cette dernière hypothèse semble la plus plausible, car la conquête de l'Aquitaine n'aurait pu être aussi facile si Clovis avait été un chrétien trop fraîchement converti pour que lui soit assurée la confiance des populations locales, hostiles à l'arianisme des Goths. Mais si nous accordons encore quelque crédit au témoignage de Grégoire de Tours, il faut supposer que Clovis a mené deux campagnes contre les Goths en Aquitaine (498 et 506-507) et deux autres contre les Alamans (495-496 et 505-506). L'incertitude demeure et les historiens ne s'accordent en fait que pour reconnaître le caractère décisif des interventions de la reine Clotilde et de l'archevêque de Reims, Rémi, dans la célébration de ce baptême dont le bénéficiaire a très bien pu comprendre l'intérêt politique. Car il est certain que cet événement a joué un rôle déterminant dans l'hégémonie que Clovis a fini par imposer à toute la Gaule.

Clovis II

(635-657), roi des Francs de Neustrie et de Bourgogne (639-657), fils et successeur de Dagobert Ier et époux (649) de sainte Bathilde.

Clovis III

(vers 676), roi des Francs (675), fils supposé de Clotaire III et successeur de Childéric II.

Clovis IV
ou Clovis III

(vers 681-695), roi des Francs (vers 691-695), fils et successeur de Thierry III.

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