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Roger Brunet

Géographe français (Toulouse 1931).

Il enseigne à l'Université de Toulouse (1957-1966) et soutient une thèse sur Les Campagnes toulousaines (1965) ; mais sa thèse annexe, consacrée aux Phénomènes de discontinuité en géographie est révélatrice de ses centres d'intérêt futurs. Professeur à l'Université de Reims (et directeur de l'Institut de géographie) de 1966 à 1976, il travaille ensuite au Centre National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.) de 1976 à 1981 et, après l'arrivée de la gauche au pouvoir, au ministère de la Recherche (1981-1984). Il fonde alors à Montpellier un Groupement d'intérêt public (G.I.P.) baptisé RECLUS (Réseau d'étude des changements dans les localisations et les unités spatiales) qu'il dirige jusqu'en 1991 (le GIP-RECLUS, supprimé en 1997 par le ministère, est alors remplacé par une association éponyme) ; l'acronyme retenu rend hommage à Élisée Reclus, géographe novateur en son temps, mais réprouvé par les institutions politiques et universitaires de l'époque. Le GIP-RECLUS travaille avec certains ministères (Emploi, Industrie, Transports, Mer, Culture…) et avec la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (D.A.T.A.R.), devenue aujourd'hui la Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (D.I.A.C.T.).

Le promoteur de vastes entreprises éditoriales

Roger Brunet dirige la collection Découvrir la France (1972-1974) et fonde deux nouvelles revues dont il prend la direction : en 1972, L'Espace géographique, qui veut privilégier la réflexion méthodologique et épistémologique puis, en 1986, Mappemonde, qui est plus axée sur la question des images géographiques (cartes, croquis, modèles, photographies…). Il dirige ensuite un Atlas de France en quatorze volumes et une Géographie universelle en dix volumes (1990-1996), la plus importante depuis celle de Paul Vidal de la Blache et Lucien Gallois (1927-1948). Il y développe ses idées dans le premier tome intitulé Mondes nouveaux (1990) et rédige la partie consacrée à la Russie. Il revient à l'étude de ce pays en publiant notamment un Atlas (1995) et un Dictionnaire (2001).

Pour une géographie modélisatrice et systémique

À plusieurs reprises, Roger Brunet critique Paul Vidal de la Blache et la géographie traditionnelle ou vidalienne, selon ses termes. Il reproche à cette géographie d'accorder une importance trop grande à la nature et surtout de ne s'intéresser qu'à des phénomènes particuliers (régions) ; il plaide pour une science qui cherche à établir des lois générales (qui peuvent être exprimées sous forme de modèles) et étudie des systèmes. Il est à l'origine des chorèmes (1980), structures élémentaires de l'espace géographique. Il s'est aussi beaucoup intéressé aux cartes (rédigeant La Carte, mode d'emploi, 1987). Ses idées sont reprises dans un dictionnaire intitulé Les Mots de la géographie (1992). Après avoir acquis une grande notoriété, il reçoit le prix Vautrin-Lud (1996).