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Luc Bondy

Metteur en scène de théâtre et d'opéra suisse (Zurich 1948-Zurich 2015).

Fils d’un décorateur de renom, il passe son enfance à Paris et suit une formation d’acteur au cours de Jacques Lecoq, tout en faisant du théâtre universitaire. Il s’installe en 1969 à Hambourg et s’affirme comme metteur en scène à partir de 1971, en montant notamment des œuvres de Witkiewicz, Genet, Fassbinder et Ionesco. Il s’inscrit ainsi dans un axe européen qui le fera travailler aussi bien dans diverses villes d’Allemagne dont Berlin où il sera l’un des co-directeurs de la Schaubühne, à Paris où il sera l’un des artistes invités par Patrice Chéreau quand celui-ci dirigeait les Amandiers de Nanterre, et d’autres capitales comme Bruxelles ou Vienne. Sa capacité à dégager les secrets d’une œuvre et à mener les acteurs vers le jeu le plus subtil fait de lui l’égal d’un Patrice Chéreau ou d’un Peter Brook.

S’il n’a pas acquis en France une notoriété égale, cela est dû à un parcours qui a souvent privilégié la sphère de langue allemande. Il a été notamment le grand metteur en scène des pièces de Botho Strauss (le Temps et la Chambre, 1989 ; Viol, 2005) et de Peter Handke (L’heure où nous ne savions rien l’un de l’autre, 1994). À Paris, il a cependant réalisé des spectacles qui font date dans l’histoire contemporaine du théâtre : Terre étrangère (1984) et le Chemin solitaire (1989) de Schnitzler, la Seconde Surprise de l’amour de Marivaux (2008). Metteur en scène sans exclusive, il s’intéresse avec la même curiosité à des auteurs revendiquant une écriture d’un abord difficile – comme Martin Crimp (la Campagne, 2002) – qu’à Sacha Guitry (l’Illusionniste, 1995) ou Yasmina Reza dont il a monté plusieurs œuvres à Vienne et à Paris (Une pièce espagnole, 2004). Par ailleurs, l’opéra occupe une place de choix dans ses activités, avec des mises en scène à travers le monde (La Tosca de Puccini, Metropolitan, New York, 2009).

Directeur du festival de Vienne depuis 1971, il a publié plusieurs livres (la Fête de l’instant, 1996 ; Dites-moi qui je suis pour vous, 1999) et réalisé trois films, dont Ne fais pas ça ! (2004). À la manière de Giorgio Strehler, il incarne un style qui accomplit la synthèse des grandes cultures européennes pour atteindre à une rare élégance de la représentation. Mais, chez Bondy, la recherche de la beauté n’élimine pas la mise en évidence de la violence de certaines œuvres classiques et de tout un courant du répertoire contemporain.