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Hubertine Auclert

Journaliste et militante féministe française (Allier 1848-1914).

Hubertine Auclert, qui avait des conceptions politiques républicaines, fut remarquée par Victor Hugo qui la fit entrer au journal l'Avenir des femmes, dirigé par Maria Deraismes et Léon Richer. Cependant, sa vision plus radicale de l'émancipation des femmes – exprimée notamment dans ses essais : le Droit politique des femmes (1878) ; l'Égalité sociale et politique (1879) – ne put s'accommoder longtemps des opinions modérées défendue par ce journal. En 1878, elle prit la parole au congrès socialiste de Marseille, fonda son propre mouvement suffragiste, le Droit des femmes (renommé en 1881 Société de Suffrage des Femmes), et son propre périodique, la Citoyenne, et se lança alors dans un activisme plus spectaculaire : chahuts dans les mairies lors des mariages au moment de la lecture, par le maire, des articles du Code civil affirmant que la femme doit « soumission et obéissance » à son mari ; émission d'un timbre « suffragiste » ; organisation d'un enterrement symbolique des « droits de la femme »… En 1880, arguant que le Journal officiel « recommande à toute personne omise sur les listes de réclamer son inscription », elle tenta de se faire inscrire sur les listes électorales dans le 10e arrondissement de Paris, mais elle fut brutalement expulsée des bureaux de la mairie ; la même implacable logique la conduisit à refuser de se faire recenser et de payer les impôts (puisque l'expression « tous les Français » excluait les femmes quand il s'agissait de voter, pourquoi ne les excluait-elle pas quand il s'agissait de payer l'impôt ?).

Mise à l'écart du mouvement féministe après son mariage avec Antonin Levier (1888), elle accompagna ce dernier en Algérie. De retour en France après la mort de son mari (1892), ses différends avec la rédaction du journal entraînèrent la fin de la publication de la Citoyenne (1892). Elle se consacra dès lors à la publication de quelques ouvrages : les Femmes arabes en Algérie (1900), le Vote des femmes (1908), sans renoncer toutefois à quelques nouvelles actions radicales : ainsi, en 1908, elle renversa une urne électorale dans un bureau de vote ; deux ans plus tard, elle se présenta aux élections législatives pour mettre en évidence l'exclusion des femmes de la vie civique.