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Laurent Angliviel, dit Laurent Angliviel de La Beaumelle

Journaliste et écrivain français (Valleraugue, Gard, 1726-Paris 1773).

Né dans une famille protestante mais qui le fit baptiser catholique, il fit ses études de 1734 à 1742 dans un établissement religieux d'Alès puis reprit rapidement la religion réformée, étudia à Genève (les Assemblées des réformés, 1743-1746), avant d'accepter, en 1747, une place de précepteur à Copenhague où il fut chargé d'un cours public de langue et de littérature françaises - ce qui lui donna l'occasion de défendre l'Esprit des lois de Montesquieu contre les attaques des Nouvelles ecclésiastiques et les critiques de Voltaire - et fonda en 1749, sous le titre de la Spectatrice danoise ou l'Aspasie moderne, un recueil hebdomadaire dont il fut le principal rédacteur.

Si c'est à tort qu'on lui a attribué la publication des Amours de Zeokinizul, roi des Kofiran, , une chronique satirique de la Cour et de Paris (Zeokinizul, roi des Kofirans n'étant autre que Louis XV, roi des Français) qu'il faut sans aucun doute à rendre à son ami Crébillon fils, il ne fut sans doute par contre pas étranger à la suite qui en fut donnée deux ans après sous le titre de l'Asiatique tolérant, traité à l'usage de Zeokinizul, roi des Kofirans, surnommé le Chéri, ouvrage traduit de l'arabe du voyageur Bekrinoll, par. M. de *****. Réfugié à Berlin, il y publia Mes pensées ou le qu'en dira-t-on ? (1752) ; un passage, où il relevait un certain nombre d'erreurs historiques du Siècle de Louis XIV acheva de le brouiller avec Voltaire, qui, le poursuivant dès lors d'une rancune inexpiable, le fit chasser de Prusse par Frédéric II. Ayant eu accès à la correspondance de la marquise de Maintenon que lui avait confiée le fils de Racine, ainsi qu'aux archives des dames de Saint-Cyr et du maréchal de Noailles, il publia en 1755-1756 six volumes de Mémoires pour servir à l'histoire de Madame de Maintenon et à celle du siècle passé.

Cependant, de son côté, pour répondre aux critiques, Voltaire avait été amené publier un Supplément du Siècle de Louis XIV, auquel La Beaumelle riposta par sa Réponse au Supplément (1754) et une édition annotée de la Henriade que Voltaire fit saisir et mettre au pilon, et qui, dès lors, n'hésita pas à recourir à la diffamation et à des dénonciations qui valurent à La Beaumelle d'être par deux fois envoyé à la Bastille (1753 et 1756), puis d'être exilé en Languedoc.

En 1761, La Beaumelle fut un des premiers à prendre activement la défense de Jean Calas, ce riche négociant de religion calviniste, accusé par le Parlement de Toulouse d'avoir assassiné son fils Marc-Antoine sous le prétexte que celui-ci voulait se convertir au catholicisme. Ayant épousé une des sœurs du jeune Lavaysse, également accusé dans ce procès, il s'opposa publiquement au capitoul David, tristement célèbre par le rôle qu'il joua dans cette affaire, et publia la Calomnie confondue, ou Mémoire dans lequel on réfute une nouvelle accusation intentée aux Protestans de la Province du Languedoc, à l'occasion de l'affaire du Sieur Calas détenu dans les prisons de Toulouse. Banni de Toulouse pour « mauvaise conduite », La Beaumelle n'en rédigea pas moins au cours des années suivantes plusieurs nouveaux mémoires pour solliciter la cassation du jugement du Parlement et obtenir la libération des filles de la veuve Calas, enfermées par lettres de cachet dans des couvents toulousains. Il fit également paraître plusieurs ouvrages défendant la liberté religieuse, notamment, en 1763, un Préservatif contre le déisme ou instruction pastorale de M. Dumont, ministre du saint Évangile, à son troupeau, sur le livre de M. J.-J. Rousseau intitulé : « Émile ou de l'Éducation », dans lequel, tout en reconnaissant à l'Église le droit de retrancher de son sein ceux qui n'adoptent pas ses dogmes, il soutenait que l'État doit être essentiellement tolérant et accorder le droit de cité et la liberté aux croyances et aux pratiques qui ne sont pas contraires aux lois. Il publia également un Examen de la nouvelle histoire de Henri IV, de M. de Bury (Genève, 1768).

En 1771, ayant enfin obtenu la levée de son exil et la permission de revenir à Paris, il reçut une place de bibliothécaire du roi ; mais sa santé était minée, et il mourut peu après avoir publié encore une édition critique, avec notes, des Historiae d'Ammien Marcellin.