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Élisabeth II

Élisabeth II
Élisabeth II

(Londres 1926), reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord depuis 1952.

1. Une jeune souveraine

Fille de George VI, cadet de George V qui a succédé à son frère aîné Édouard VIII en 1936 lorsque celui-ci se voit contraint d’abdiquer, elle devient reine « du Royaume-Uni et d’Irlande du Nord, des autres royaumes et territoires » ainsi que de quatorze nations en même temps que chef de l’Église anglicane à la mort prématurée de son père, en 1952. Au début de juin 1953, elle accède officiellement au trône. De son mariage avec le fringant Philippe, duc d'Édimbourg (1947), célébré dans la joie alors que le pays connaît les heures difficiles de l’après-guerre, elle aura quatre enfants : Charles, prince de Galles, Anne, Andrew et Edouard.

La jeune souveraine (25 ans) n’en a pas moins été préparée à la fonction. Elle passe le début de la guerre loin de Londres où ses parents ont décidé de rester, pour partager le sort de leurs sujets et en retirer une vive reconnaissance et popularité. Mais dès 1942, à 16 ans, elle a été faite colonel puis s’est engagée à 18 ans en tant que conductrice d’ambulance et mécanicienne. Par la suite, héritière du trône, elle se voit confier nombre de charges de représentation, qui se multiplient à mesure que la santé de George VI décline.

2. La garante de l’unité et de la continuité de la nation

Bien que tranchant, par sa jeunesse, avec l’image du vieil homme malade qui était associée à celle de son père (comme à celle du pays tout entier), celle qui prend le nom d'Élisabeth II n’entend pas susciter de rupture institutionnelle ou même protocolaire.

Certes, elle préside aux destinées d’une nation profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale, qui peine à retrouver son lustre d’antan, d’autant qu’elle doit progressivement, dès la seconde moitié des années 1950, se séparer des attributs de sa puissance, c’est-à-dire de ses colonies. Mais elle parvient, par son rôle d’ambassadrice de prestige du royaume, et sa fonction de chef du Commonwealth of Nations, qui regroupe la plupart des anciens dominions et des pays autrefois sous souveraineté britannique, à laisser croire à ses sujets que le royaume compte encore parmi les grandes nations de la planète.

Surtout, alors que l’économie et la société britanniques se modernisent, se tournant notamment davantage vers l’Europe et adoptant des modes de vie éloignés du puritanisme longtemps en vigueur, Élisabeth II incarne, à travers sa famille et sa fonction à la tête de l’Église d’Angleterre, la pérennité d’un système qui conjugue faste, charme, mesure, décence, moralité, formalité et tradition ; des valeurs et des vertus qui apparaissent toujours, aujourd'hui, marquées au sceau de l’identité culturelle du pays.

3. Le temps de la contestation

Sa longévité à la tête du royaume n'épargne cependant pas à Élisabeth II des critiques qui s’accumulent à partir des années 1990. Le mariage (1981) du prince Charles, prétendant à la couronne, avec la jeune aristocrate Diana Spencer, rajeunit l’image de la famille des Windsor (« Firme » ainsi que l’appelait George VI), et suscite dans les heures sombres d’une récession l’enthousiasme au sein de la population. Mais les déboires que le couple connaît, ajoutés à ceux qui affectent publiquement les autres enfants de la reine, ou sa sœur Margaret, font douter un temps les Britanniques du bien-fondé d’une institution qui leur coûte chaque année des millions de livres.

Deux années « horribles », selon les propres dires de la reine, multiplient les partisans d’un passage à la république. Il y a d'abord 1992, avec l’annonce, deux ans avant leur divorce, de la séparation de Charles et Diana, l’échec de l’union d’Andrew avec la roturière Sarah Ferguson, les frasques d’Anne ou encore l’incendie du château de Windsor. Puis 1997, quand le retard que la reine met à réagir à la mort accidentelle de « Lady Di » à Paris à la fin d’août accroît considérablement la distance entre la souveraine et ses sujets et fait plonger de facto sa popularité, mettant plus que jamais en question la légitimité de la fonction qu’elle représente.

4. Le temps de la restauration

Aidée par des conseillers en communication, Élisabeth II retrouve cependant bien vite la confiance et le soutien de ses sujets. Les noces, plus simples et discrètes du dernier fils de la reine, Andrew, avec l’ex-journaliste et entrepreneur Sophie Rhys-Jones en juin 1999, la mort de la princesse Margaret puis celle de la reine-mère au début de 2002, ainsi que le cinquantième anniversaire du règne la même année sont l’occasion d’un retour en grâce de la famille et de l’institution royales.

Le remariage privé du prince Charles avec sa compagne Camilla Parker-Bowles en avril 2005 ne suscite aucun rejet, cependant que le comportement exemplaire de William, fils de Charles et deuxième héritier direct de la couronne, rajeunit l’image de la monarchie, au moment même où le couple royal fête ses noces de diamant (2007).

Sachant trouver les mots justes lorsque la crise frappe le pays à partir de 2008, affichant une complicité avec le couple Obama et une réelle autorité en tant que doyenne des chefs d’État lors du sommet du G20 de Londres en avril 2009, la souveraine incarne dès lors plus que jamais l’unité et la stabilité d’un pays secoué par la tourmente financière, économique et sociale.

Le mariage de son petit-fils le prince William avec Katie Middleton en avril 2011 s’avère un nouveau succès populaire dans la grisaille d’un quotidien devenu pour beaucoup difficile. Forte du prestige indéniable et de l’influence certaine bien qu’informelle que lui donne la durée, Élisabeth II fête, le 6 février 2012, le soixantième anniversaire de son règne et, juste avant d'ouvrir les Jeux olympiques de Londres, célèbre au début du mois de juin, dans la liesse, la solennité mais aussi la rigueur qui sied aux temps, son jubilé de diamant en tant que monarque.

Pour en savoir plus, voir l'article la monarchie britannique depuis le XXe siècle.