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védutisme

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

On peut définir le Védutisme (en Italien vedutismo, de veduta, vue) comme un genre pictural, florissant en Italie et principalement à Venise au xviiie siècle, axé sur l'art du paysage, de la vue urbaine ou suburbaine.

À côté des grands cycles décoratifs (Tiepolo, Piazetta, etc.) de l'art du portrait influencé par le goût français (Rosalba Carriera), la " veduta ", sollicitée comme souvenir de voyage par des touristes de plus en plus nombreux, atteint avec Antonio Canal, dit Canaletto, une valeur de transfiguration poétique différente de celle de ses créateurs néerlandais (Vanvitelli) et romains (Pannini, Piranèse). Au-delà de l'apparente objectivité de ses vues panoramiques, Canaletto capte les moindres vibrations de la lumière, la transparence de l'atmosphère, les passages délicats des teintes avec une sensibilité qui n'échappe pas aux collectionneurs anglais ; achetées massivement par ces derniers, ses œuvres, comme celles de son neveu et élève Bernardo Bellotto, seront riches en conséquences pour la naissance du paysage romantique. À Venise même, où le paysage n'était guère sorti des conventions académiques avec Marco Ricci, neveu et collaborateur de Sebastiano, en dépit d'une étude approfondie de Salvator Rosa et de Magnasco, l'influence de Canaletto s'avère déterminante pour des spécialistes comme Michele Marieschi, le Toscan Francesco Zuccarelli et Giuseppe Zaïs. Ces deux filons parallèles, mais qui s'interpénètrent souvent, convergent enfin, en absorbant aussi les dernières suggestions de la grâce rococo la plus subtile, dans les visions féeriques de Francesco et Giovan Antonio Guardi, qui chantent avec des accents désormais romantiques les splendeurs des fêtes et des monuments vénitiens. Ce langage, chargé d'une émotion intense et dépouillé de toute recherche formaliste, s'adresse, comme déjà en partie celui de Canaletto, au public étranger bien plus qu'aux Vénitiens. Le xviiie s., en déclin, en effet, connaît dans la lagune les conséquences de cette opposition entre le " naturel " et le " sublime " dans laquelle l'Europe tout entière s'était trouvée engagée et à laquelle Venise avait fini par participer sous l'impulsion de plus en plus dictatoriale de l'Académie.