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art pompier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Expression qui s'emploie pour désigner l'art officiel de la seconde moitié du xixe s. Le terme de pompier, synonyme de académique, a eu longtemps une résonance très péjorative. Son origine peut être retrouvée — mais sans certitude historique appuyée sur un document — dans les traditions de l'École des beaux-arts. Au moment du Romantisme, les élèves de l'École célébraient ironiquement dans les tableaux de David et de ses émules les guerriers nus porteurs de ces casques antiques que nous retrouvons dans la chanson rituelle des quat' zarts :

 Un casque est une coiffure Qui sied à leur figure Un casque de pompier Ça fait presque un guerrier.

Des personnages au tableau, du tableau à l'artiste, le chemin était court, et bientôt le qualificatif de pompier s'est appliqué tout naturellement aux maîtres de l'École, aux membres de l'Institut, au jury du Salon. Puis il devait s'étendre à la plupart des exposants de la Société des artistes français comme à ceux de la Nationale des beaux-arts. Et de là aux artistes étrangers qui y participaient ou s'en inspiraient. Au moment où la peinture officielle, de 1848 à 1914, retrouve notre intérêt et notre estime, cette expression devrait, se dégageant des railleries, être utilisée en tant qu'acception historique et pourrait servir de définition — malgré la difficulté de la traduire — pour la plus grande partie de l'art de cette période, celle qui se développe à côté des avant-gardes et qui les normalise rapidement. En 1984, dans un bref essai intitulé Peut-on parler d'une peinture " pompier " ?, Jacques Thuillier s'est interrogé très justement sur la vogue de ce terme et les modalités de son utilisation ; par contre, certains livres qui s'y réfèrent ont quelque peu semé la confusion en cataloguant indifféremment sous ce terme les peintres de la seconde moitié du xixe s. attachés à la tradition de l'École des beaux-arts et au vérisme né de Courbet, et les artistes romantiques qui se détachent du Baroque et du Néo-Classicisme mais hésitent entre Ingres et Delacroix. Et pourtant la différence existe, subtile, parfois difficile à cerner : mieux étudiée, elle permettra de préciser le concept d'" Art Pompier ", cette entité des années 1848-1914 qui n'est ni un mouvement esthétique défini ni un style particulier, mais un climat artistique international, narratif et décoratif.