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performance

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Si le terme n'est apparu que dans le courant des années 1970 pour qualifier des œuvres liées au corps et à la représentation scénique participative, la pratique de la performance est adoptée dès le début du siècle dans les milieux avant-gardistes. Tomaso Marinetti, théoricien du futurisme italien, livre dès 1913 un manifeste le Music Hall où il fustige les académismes en proposant aux artistes de s'inspirer de la beauté éphémère et iconoclaste des arts de la scène, la force convulsive du " théâtre de la surprise ". Les soirées dada du Cabaret Voltaire (Zurich, 1917) s'inscrivent dans cette lignée. Hugo Ball y récite des poèmes burlesques, insulte le public pour tester ses capacités de résistance à l'offense, exploite le non-sens et la dérision. Les " poèmes statiques " qu'il présente à cette époque consistent à placer sur des chaises alignées des mots dans un ordre chaque fois différent au lever du rideau. L'artiste Sophie Taueber-Arp danse aussi sur des poèmes onomatopéiques d'Hugo Ball dans des performances qui jouent sur la dénégation du sens par la désarticulation du corps. De la récitation des poèmes phonétiques de Kurt Schwitters aux combats de boxe du critique provocateur Arthur Cravan (Barcelone, 1917), le corps de l'artiste est devenu un médium à part entière de la contestation artistique. C'est cette tradition critique qui se ranime avec les courants néo-dadaïstes des années 1960, notamment sous l'impulsion décisive du mouvement Fluxus (1961). C'est l'époque où le compositeur John Cage commence à appliquer l'indéterminé en musique, il étudie la philosophie zen qui le conduit à penser " un art qui ne soit pas différent de la vie " et comme elle soumis au hasard des combinaisons impromptues, à l'improvisation et à l'action non préméditée. C'est l'apparition du concept de " happening " (Allan Kaprow) pour qualifier ces actions éphémères, non reproductibles, jouées dans l'instant sans autre préméditation que celle d'affirmer le libre arbitre de l'artiste et son refus d'être absorbé par les lois du marché. Dans l'esprit des dadaïstes de la première heure, les performances Fluxus sont des hymnes à " la réalité du non-art " (G. Maciunas), informés des mouvements de contestation politique contre l'ensemble des institutions établies (Beaux-Arts, État, Justice...). Au Japon, le groupe Gutaï (1955-1972) formé par Yoshihara Jiro, adopte le même glissement entre les arts visuels et les arts de la scène. L'art corporel des années 1970 amplifie ce mouvement dans des actes qui mettent parfois en danger leur propre intégrité physique. Les limites (art/non-art, vie/mort, sens/non-sens...) constituent toujours l'horizon conceptuel de ces pratiques.