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maître

Jean de Meung
Jean de Meung

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Titre donné à un artiste ayant fait école et acquis une notoriété, tant par son talent que par son influence, à celui qui dirige un atelier ou fait le métier d'enseigner la peinture dans les écoles d'art, dans un atelier particulier (on dit également, mais plus familièrement, " patron "). D'une manière générale, ce terme désuet est peu employé à propos des peintres contemporains.

Au Moyen Âge, la laïcisation de la peinture et l'organisation des métiers en corporations entraînèrent une hiérarchisation à l'intérieur des ateliers. Dans les Flandres, les gildes, ou corporations, de peintres étaient des groupements de patrons, ou maîtres peintres, seuls autorisés à diriger un atelier et à commercialiser leurs œuvres. Pour devenir franc maître, l'ouvrier devait faire son apprentissage pendant quatre ans dans un atelier au service d'un patron. Devenu maître, il avait la possibilité de recruter à son tour des apprentis. L'accroissement continu du nombre des peintres et les règlements très stricts des corporations entraînèrent une désaffectation de celles-ci, comme plus tard des académies.

Le titre de maître sert également à désigner un artiste anonyme, notamment parmi les nombreux peintres du Moyen Âge et de la Renaissance dont on ignore le nom et dont l'identification se confond avec leur œuvre principale, soit que l'on retienne ses caractéristiques particulières, soit que l'on cite son titre, le nom de la ville où le peintre s'est manifesté ou de celle où est conservée son œuvre (prend une majuscule en ce sens). On parlera ainsi du Maître du Cœur d'amour épris, du Maître du Jardinet du Paradis de Francfort, du Maître de la Sainte Parenté, du Maître d'Alfonso, du Maître de Flémalle (v. Robert Campin), du Maître de l'Annonciation d'Aix, du Maître de Saint Sébastien, du Maître de Saint Gilles, du Maître de la Légende de sainte Ursule, du Maître de Bedford...

L'expression petit maître désigne un peintre de second plan (les petits maîtres du xviiie s., les petits maîtres du paysage, au xixe s., etc.). Par cette expression, on désigne également les peintres qui ont travaillé sur de petits formats, faute d'avoir des commandes importantes, notamment en Hollande au xviie s. et en France au xixe s. Cette expression dérive peut-être du vocabulaire de l'estampe, où l'on désigne ainsi les graveurs allemands de la Renaissance qui n'ont exécuté que des œuvres de très petit format.

Dans une œuvre collective, l'expression maître d'œuvre désigne l'artiste le plus important par sa participation ou sa réputation, patron d'atelier chargé de concevoir, de diriger et de coordonner le travail des autres collaborateurs. Peu employée en matière de peinture, elle est empruntée au vocabulaire de l'architecture.