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installation

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Cette notion apparue aux débuts du xxe siècle rend compte de la volonté d'élargir le champ des œuvres plastiques à l'espace du spectateur. Elle est l'un des maillons de la recherche moderniste tentant d'échapper à l'illusionnisme traditionnel du tableau de chevalet. Elle apparaît dans les milieux symbolistes wagnériens avec la quête d'une œuvre d'art totale (la Gesamtkunst). Il s'agit alors d'associer au sein d'un même spectacle l'ensemble des expressions artistiques (la musique, la danse, la peinture, la sculpture et l'architecture) selon les lois harmoniques de correspondances entres les sons, les couleurs et les lignes. Elle est ensuite progressivement intégrée aux contestations dadaïstes sous la forme d'œuvres hétéroclites qui assimilent peu à peu tous les enjeux posés par les différents mouvements avant-gardistes : fusion des arts, assemblages de matériaux en expansion dans l'espace, sortie du cadre institutionnel de la galerie ou du musée, expérimentation physique de l'espace de l'œuvre. Au cours de la période contestataire des années 1960-1970, elle est souvent liée au développement de la performance, en mettant en scène, comme le fait notamment Joseph Beuys, les objets-reliques ayant été utilisés lors de l'action. Sous la forme de reconstitution factice, l'artiste russe Ilya Kabakov tente de placer le spectateur au cœur de mises en scène qui réinventent des lieux emblématiques de la société soviétique (chantiers, musées abandonnés, cuisines communautaires, salles de propagande). Ces " installations totales " baignent dans des atmosphères musicales composées spécialement. L'installation, parce qu'elle adopte souvent des matériaux fragiles, intègre aussi les notions d'obsolescence, de disparition, de précarité. En marge de ce concept se rencontre enfin la notion plus spécifique d'œuvre in situ. Il s'agit d'œuvres, aux dimensions souvent monumentales, réalisées en fonction du lieu et de l'espace. Elles ont beaucoup été pratiquées par le Land Art qui tente de sortir des circuits établis des institutions pour réaliser directement l'œuvre dans le milieu naturel. De nombreuses interventions urbaines se développent aujourd'hui dans le cadre d'un rapprochement de l'artiste avec le public.