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estampes en couleurs

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

L'impression en couleurs des estampes se pratique de deux façons. L'une consiste à colorier une planche unique, qui est ensuite imprimée ; l'autre à imprimer successivement plusieurs planches de couleurs différentes sur la même feuille, procédé dit " au repérage ", parce qu'il faut repérer l'emplacement exact des planches sur la feuille. La méthode habituelle du repérage consiste à percer deux petits trous en haut et en bas des planches superposées ; lorsqu'on imprime la première planche, on perce le papier avec deux épingles, que l'on introduit dans les trous de la planche. Il suffit ensuite de placer les épingles dans les trous des autres planches pour assurer une superposition exacte des couleurs. Le principal procédé à une seule planche est dit " à la poupée ". Un procédé moderne, dit " en couleurs simultanées ", a été mis au point à Paris par l'Atelier 17, créé et dirigé par Hayter. Il est fondé, comme la lithographie, sur l'adhérence ou la non-adhérence de l'encre grasse sur les surfaces moins riches en huile ; combiné avec la pénétration plus ou moins grande de rouleaux plus ou moins durs, et encrés de couleurs différentes, dans les parties inégalement évidées de la planche, ce procédé permet des effets colorés très complexes.

Une méthode de repérage pour l'impression des bois en clair-obscur fut réalisée en 1500 ; bien que peu précise, elle était suffisante pour ce genre de travaux. Un autre procédé était le coloriage des estampes après l'impression du noir ; dès le xve s., pour qu'il soit plus rapide, ce coloriage fut parfois pratiqué au pochoir. Souvent plus économique que l'impression en couleurs, très délicate, il a été pratiqué jusqu'au xixe s. C'est au xviiie s. qu'on voit apparaître les premières impressions de cuivre " à la poupée ", mais ce procédé peu efficace fut surtout employé en Angleterre au xviiie s. L'impression des cuivres au repérage, fondée sur le principe de la trichromie, fut mise au point par l'inventeur allemand J. C. Le Blon en 1704 et répandue par le Français G. d'Agoty. L.-M. Bonnet, dans ses fac-similés de pastels par Boucher, porta le nombre des planches jusqu'à huit (Tête de Flore, 1769). Au début du xixe s., Engelman mit au point un procédé dit " chromolithographie ", mais les produits en furent longtemps médiocres et ce n'est que vers la fin du xixe s. que Lautrec, Bonnard, Munch, notamment, en explorèrent les possibilités. Depuis, tous les procédés de la gravure en couleurs ont connu un développement considérable.