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clair-obscur

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peinture

On appelle clair-obscur la technique consistant à moduler la lumière sur un fond d'ombre, en créant des contrastes propres à suggérer le relief et la profondeur. De cette façon, les figures ou objets représentés sur une surface plane donnent l'illusion du relief en jouant, afin d'y parvenir par le savoir-faire technique de l'artiste, des passages subtils de la lumière à l'ombre pour modeler les formes. Léonard de Vinci et Giorgione ont été les précurseurs de ce procédé développé par Corrège et pratiqué notamment par Titien, Caravage, Velázquez, Rembrandt, Georges de la Tour, etc. Dans son Cours de peinture par principes (1708, nouvelle édition, Paris 1989) qui résume toute l'esthétique du xviie siècle, l'écrivain Roger de Piles (1635-1709) consacre un long développement au clair-obscur dans lequel il précise notamment que " la science des lumières et des ombres qui conviennent à la peinture est une des plus importantes parties, et des plus essentielles de cet art. "

Gravure

On appelle clair-obscur ou camaïeu les bois gravés et imprimés en plusieurs teintes au repérage. On distingue parfois le camaïeu, auquel les Allemands ont été fidèles, où une planche donne le dessin complet et les autres le relief, et le clair-obscur, où toutes les planches sont indispensables à la composition technique, méthode pratiquée notamment par Ugo da Carpi et Nicolo Vicentino. Mais cette distinction, concernant l'exécution plutôt que le procédé lui-même, ne se perçoit que difficilement. Le procédé semble avoir été mis au point en Allemagne entre 1507 et 1510 par Lucas Cranach et Hans Burgkmar ; Ugo da Carpi, dont la découverte est peut-être indépendante de la leur, en obtint le privilège à Venise en 1516. Dans une certaine mesure, les clairs-obscurs italiens imitent le lavis. Pourtant, les bonnes épreuves de la première moitié du xvie s. s'en distinguent souvent par des couleurs assez vives (vert, violet, orangé), d'une évidente recherche. Les bistres dominent dans l'œuvre d'Andrea Andreani (v. 1600) et dans ses nombreuses réimpressions de bois anciens. Le clair-obscur, qui avait disparu avec Büsinck, connut un renouveau au xviiie s. (Zanetti, Skippe, J.-B. Jackson). Munch et les expressionnistes allemands ont pratiqué des bois gravés en couleurs, de tons parfois violents, d'un type tout à fait différent.