burin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

La gravure au burin (dite " burin ") a longtemps été considérée comme la part la plus noble de l'art de l'estampe. Elle permet beaucoup de netteté et de force dans le trait, des nuances délicates, un ton varié.

Le burin du graveur est un instrument composé d'une tige d'acier dur en forme de carré ou de losange. Une des extrémités est taillée en oblique à 45° pour former une pointe tranchante ; l'autre est tenue par un manche de bois en forme de champignon, coupé d'un côté pour que l'instrument puisse se coucher sur la planche, qui est généralement de cuivre. Le graveur tient dans le creux de la main le manche du burin, qui doit former avec la planche un angle de 5 à 10°. La planche est généralement posée sur un coussinet, ce qui permet de la faire tourner et avancer d'une seule main, tandis que l'autre, qui tient l'outil, bouge très peu. Le burin lève un copeau de cuivre ; c'est dans le sillon ainsi obtenu que se loge l'encre qui marque sur l'épreuve. Le buriniste dispose de plusieurs burins, mais le burin carré peut servir à presque tous les travaux ; ce sont surtout les variations de pression et d'angle qui donnent au trait ses inflexions. Au xviie s., Claude Mellan obtenait ainsi ses ombres par la variation de traits parallèles sans hachures croisées. Il grava même une Sainte Face d'un seul trait en spirale. Les burins très fins soulèvent de chaque côté du sillon une légère crête, qu'il est nécessaire d'enlever avec soin au grattoir pour conserver au trait toute sa pureté.

Historique

On sait de quelle époque datent les premières estampes au burin, mais elles sont sûrement antérieures au Florentin Maso Finiguerra (1426-1464), à qui Vasari en attribue l'invention. Mantegna et Dürer furent les premiers grands maîtres du burin.

De nouveaux systèmes de taille ont permis de varier le ton. Cette évolution se parachève au xviie s. avec les graveurs de Rubens, de Vosterman et de Bolswert, et avec les Français R. Nanteuil et G. Edelinck. Le burin servait surtout alors pour la reproduction des tableaux. Après la mise au point de la gravure sur bois, puis de la reproduction photomécanique, le burin perdit de sa faveur ; il ne la retrouva qu'auprès d'artistes modernes : Picasso, Laboureur, Hayter, Adam.