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art corporel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Élément primordial de communication, le corps, plus que tout autre matériau plastique, est apte à exprimer une réflexion et une attitude devant le réel environnant, à établir une relation avec le public. De la tonsure en étoile de Marcel Duchamp aux corps féminins signés de Manzoni, des happenings de Cage à ceux de Kaprow, l'utilisation du corps pour sa valeur expressive constituait déjà un instrument de création avant d'atteindre sa véritable dimension avec le mouvement du Body Art vers la fin des années 60, en Europe et aux États-Unis. Pour certains artistes, la violence et l'agressivité sont les meilleurs moyens de faire sortir le spectateur de sa passivité et de son état de voyeur. Ainsi s'expliquent les actions particulièrement brutales des Viennois Gunter Brus et Rudolf Schwarzkogler (mort en 1969, au cours de l'une d'elles), de Herman Nitsch, qui, lors d'un rituel déterminé, se vautre dans des viscères d'animaux, de Gina Pane, qui se taillade le visage et le corps avec des lames de rasoir, et de Chris Burden, qui se roule dans le feu. D'autres, comme Urs Lüthi et Michel Journiac, moins extrémistes mais animés du même désir de transgresser les tabous et les inhibitions, préfèrent se travestir. D'autres encore, comme Vito Acconci, Denis Oppenheim et Joan Jonas, considèrent leur corps comme l'outil le plus adéquat pour une connaissance sensible et directe. Citons aussi Bruce Nauman et Terry Fox, qui, plus anecdotiquement, utilisent leur corps de manière expérimentale.