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Rik Wouters

Rik Wouters, la Repasseuse
Rik Wouters, la Repasseuse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et sculpteur belge (Malines 1882  – Amsterdam 1916).

Fils d'un sculpteur sur bois, Wouters travaille dans l'atelier paternel et suit les cours de l'Académie ; d'abord à Malines, puis à Bruxelles, où il se rend en 1902. Mais, en peinture, il est autodidacte. S'il a pratiqué jusqu'à sa mort les deux techniques, la première tend à l'emporter jusqu'en 1911. Entre 1908 et 1911 prend place une œuvre d'aquafortiste (56 planches), vues de paysages surtout, en notations prestes. Wouters se marie en 1905, et sa femme, Nel, devient un modèle à peu près exclusif. Ses débuts se ressentent de la période impressionniste d'Ensor et font appel à une gamme chromatique sobre, à une exécution vigoureuse au couteau à palette : Autoportrait au chapeau noir (1908). En 1910, il s'installe à Boitsfort (près de Bruxelles), sa résidence jusqu'à la guerre. Un voyage à Paris (printemps de 1912) confirme une évolution amorcée l'année précédente au bénéfice d'un style plus suggestif ; Wouters visite les collections Durand-Ruel, Vollard et Pellerin — dont les Cézanne l'enthousiasment. Il demande au maître français une leçon de construction par la touche haute en couleur, la référence cézannienne étant explicite dans les deux versions du Ravin (1913), mais son génie personnel, plus mobile et allègre, le rattache à une conception encore impressionniste de la lumière. Ces influences fusionnent au profit d'un intimisme très chaleureux, qui évoque celui de Renoir (Fleurs d'anniversaire, 1912, la Repasseuse, 1912, musée d'Anvers). En 1913, Wouters exploite avec plus de hardiesse les contrastes de rouges et de verts, dont les fauves avaient justifié l'emploi (les Rideaux rouges ; la Femme en rouge, 1913, Rotterdam, B. V. B.), et des effets analogues témoignant d'une égale maîtrise se retrouvent dans les pastels contemporains (Femme à la mantille, Bruxelles). Peu avant la guerre, la palette avait baissé d'un ton, admettant les bleus, tandis que les motifs, de plus en plus elliptiques, laissaient vierges des parties entières de la toile (Femme en bleu). Mobilisé, Wouters est interné en Hollande. Il souffrait de maux de tête depuis 1911. Opéré à Utrecht, il fut libéré en juin 1915 et s'installa à Amsterdam, où il reprit son activité (surtout aquarelles et dessins à l'encre de Chine). Une intervention ultime échoua (avr. 1916), et il mourut deux mois plus tard. Le Stedelijk Museum d'Amsterdam lui consacrant la même année une exposition rétrospective. Les derniers tableaux du peintre se situent dans le prolongement des précédents, mais la forme, serrée de plus près dans quelques-unes de ces œuvres, dénote cependant une recherche inédite à laquelle le milieu amsterdamois n'est sans doute pas étranger (Petit Nu couché, 1915).

Tempérament exceptionnellement doué de coloriste et de dessinateur, Wouters laisse une œuvre, accomplie de 1908 à 1915, presque tout entière dévolue à une joie de vivre (en dépit même des tragiques circonstances de sa fin) dont peu d'artistes du xxe s. se sont faits les interprètes avec une telle spontanéité. Rik Wouters a réalisé également un œuvre sculpté important par sa qualité et sa portée historique (la Vierge folle, bronze, 1912). Il est représenté dans la plupart des musées belges, au M. N. A. M. de Paris (Portrait de Nel Wouters, 1912), à Amsterdam (Stedelijk Museum), à Rotterdam (B. V. B.) et dans des coll. part., dont la plus remarquable est celle de Ludo von Bogaert, à Anvers. En 1935, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles lui rendit hommage par une très importante rétrospective.